
gros fruits pour conserves, le Grenadier, quelques
Orangers, Cédratiers, la Vigne, le Zizyphus Spina-
Christi, l'Olivier de Bohême, etc. Parmi les légumes,
les Oignons, les Piments, les Fèves, les Pastèques et
autres Cucurbitacées, le Gombo (Hibiscus esculentus),
la Coriandre, etc.
La Luzerne est cultivée comme plante fourragère.
Quelques plantes industrielles végètent aussi à
l’ombre des palmiers : le Henné (Laivsonia inermis)
occupe une assez grande place ; ses feuilles séchées
sont l’objet d’un commerce important, elles servent
aux femmes arabes pour se teindre les ongles et le
bout des doigts, parfois les cheveux.
Le tabac à priser (Nicotiana rustica) est aussi cultivé
par les Indigènes; les tabacs du Souf sont
l’objet d’un commerce considérable. On rencontre
également dans les cultures indigènes une variété
naine de Chanvre (Hachich), dont les sommités florifères
sont séchées pour être fumées sous le nom de
K if ou Thokmi.
La Garance est assez répandue et aussi la Réglisse,
En dehors des cultures indigènes, on trouve maintenant
dans les oasis un certain nombre de végétaux
acclimatés depuis l’occupation française.
Les Mûriers viennent très bien ; le Peuplier blanc,
le Saule pleureur, les Cyprès, les Ficus religiosa et
nitida, les Acacia nilotica et farnesiana, les Prosopis
complètent la végétation arborescente.
La plupart des cultures potagères européennes
ont été introduites avec succès dans les oasis. La Patate
peutfournir en abondance un tubercule précieux
et un feuillage à utiliser pour la nourriture du
bétail; certaines variétés précoces de Pommes de
terre viennent très bien ; les Haricots donnent de mauvais
résultats, mais on peut les remplacer par les
doliques, lablab, cajan. Les Choux présentent un
beau développement ; l’Artichaut, le Cardon, les Asperges,
les Navets, les Carottes, etc., se cultivent
dans des conditions qui ne sont pas moins favorables
qu’en France.
Avec les plantes cultivées se sont glissées un
grand nombre de nos mauvaises herbes communes
d’Europe : mercuriale, orties, etc. Beaucoup de
plantes sahariennes deviennent dans les oasis bien
plus luxuriantes, mais il n ’y a pas à proprement parler
de flore des oasis.
De tout temps, le Saharien a su tirer parti des nappes
aquifères pour créer des oasis. Et même, du temps
des Romains, les oasis étaient bien plus prospères et
plus développées qu’aujourd’hui. Les invasions
arabes, les exactions des tribus pillardes en ont
diminué l’importance.
Là où l’eau coule d’elle-même, cofnme au voisinage
de l’Aurès, dans les Zibans, il suffit de la canaliser
ou de faire quelques barrages. Ailleurs, on va
la chercher dans la nappe aquifère, au moyen de puits
à bascule, de norias, de puits artésiens. Pour faire
ces puits, le Saharien commençait par creuser dans
le sable en boisant tout autour, jusqu’à ce qu’il rencontrât
la couche de roche dure sous laquelle se
trouve l’eau. Alors il remontait et perçait cette
couche avec un bélier de fer qu’il laissait tomber
de tout son poids un nombre de fois suffisant. Depuis
quelque temps, ce procédé était tombé dans
l’oubli ; les puisatiers perçaient la roche à coups de
pic, au risque d’être noyés par la nappe ascendante.