
longueur à des altitudes de 1200 à 1800 mètres. Entre
cet arc de cercle et la mer s’étend la grande Kabylie,
pays très montagneux, très frais et extrêmement
peuplé. Cette haute muraille forme un écran qui
arrête les nuages ; tandis que son versant nord reçoit,
plus d’un mètre de pluie par an, la région des Bibans,
située au sud, serait presque aussi désertique que
le Sahara, si des montagnes élevées commele Dréat,
les Mahdids, le massif des Beni-Abbès n ’y maintenaient
un peu d’humidité.
Au delà de l ’oued Sahel, dont la vallée longe la
muraille kabyle, commence le massif considérable
des Babors, qui arrive par les montagnes de Sidi
Rehan et du Chabet el Akra jusqu’au bord de la mer,
tandis que d’autre part il s’unit à l’Aurès par les plateaux
sétifiens qui dépassent généralement 1000
mètres d’altitude. Les sommets des Babors approchent
de 2 000 mètres et ceux de l ’Aurès s’élèvent à 2300
mètres, aussi se forme-t-il là un énorme pâté monta-
gnèux, où le Tell va presque jusqu’au désert. Ce pâté
s’étend presque jusqu’à la mer, de Bougie à Philippe
ville ; au delà se trouvent les plaines de Bòne et de
La Calle, séparées delà mer, vers Bòne, parle massif
de l’Edough.
Tout cet ensemble tellien, constituant sensiblement
le versant méditerranéen de l’Algérie, renferme,
d’après Élisée Reclus, environ 200000 kilomètres
carrés. II estpresque partout cultivable et l’on estime
qu’il pourrait nourrir 12 millions d’habitants, à condition
d ’en tirer tout le parti possible.
Aux points de vue climatologique et cultural, on
peut les diviser en :
I o Tell inférieur, contenant toute une série de plaines
et de collines peu élevées, dont on peut fixer la
limite vers 600 mètres d’altitude;
2° Tell supérieur, contenant des plaines élevées et
les pentes des montagnes de 600 à 1200 mètres ;
Et enfin 3° la région montagneuse proprement
dite, au-dessus de 1200 mètres.
Cours d’eau. — De tous ces reliefs montagneux
s’écoulent de nombreux oueds, cours d’eau torrentueux
qui se rapprochent assez des gaves pyrénéens.
Le plus considérable et le plus régulier de ces cours
d’eau est le Chélif. C’est le seul qui traverse à la
fois la région des steppes et le Tell. Parti du bourrelet
saharien au Djebel Amour, il traverse et draine
toute la région dite des hauts plateaux entre Fren-
dah et le Zahrès Rharbi, puis vient butter contre le
massif du Dahra là où les Zaccars, élevés de près
de 1800 mètres, forment son plus puissant rempart;
dévié vers l’ouest, il longe ce massif parallèlement
à la mer, ce qui est très rare parmi les rivières algériennes,
et va former son embouchure près de Mosta-
ganem, après un parcours de plus de 700 kilomètres.
Pourtant il ne forme jamais qu’une bien modeste
rivière, nullement navigable. Il conserve cependant
toute l’année un débit assez important, dont on
pourra tirer de plus en plus parti pour irriguer la
longue plaine qu’il traverse. Son cours est fort régulier
entre des berges creusées à pic dans les allu-
vions de la plaine.
La plupart des autres cours d’eau telliens sont des
torrents plus ou moins puissants, coulant d’ordinaire
dans la région montagneuse et le Tell moyen dans
d’étroits thalwegs rocheux, mais s’épandant à leur
entrée en la plaine sur des lits larges de 200 à 1000