
autre sur ce sol presque dénué de végétation produisent
encore de fortes érosions. L’eau de pluie
très riche en acide carbonique attaque vivement les
roches calcaires.
Mais les principaux agents modificateurs du
Sahara sont le soleil et le vent. Sous l’influence des
énormes variations diurnes de température, qui, dit-
on, peuvent parfois atteindre 80°, les pierres éclatent
et se délitent peu à peu. D’autre part, le vent
s’empare de tous les matériaux à sa portée : roches
délitées, sables, alluvions ; les trie, les classe, les
transporte. Projetés par un vent violent, les grains
de sable vont bombarder les parois verticales des
Gours, les escarpements rocheux et affouillent les
parties les plus tendres; les roches dures, restant en
surplomb, finissent par se briser sous leur propre
poids et tomber.
Les mêmes sables, projetés sur les surfaces
rocheuses et sur leurs éclats, les polissent au point
de donner aux plus rugueuses un toucher savonneux.
Il y a une grande différence dans le polissage des
roches ou des galets par le sable et ce même pobs-
sage effectué par l ’eau. Tandis que l’eau émoussant
et supprimant les angles, produit toujours des surfaces
arrondies, le sable respecte la forme générale,
se bornant à donner aux moindres anfractuosités un
pob parfait.
Les divers matériaux entraînés par le vent sont
classés par ordre de dimensions avec une admirable
précision. Les parties tendres, qui s’effritent en poussières
impalpables, sont emportées par le sirocco à
d’énormes distances et vont tomber soit dans l’Atlantique,
soit dans la Méditerranée, soit même en
Europe. Les matériaux un peu gros ne vont jamais
bien loin, mais les grains de sable fin, généralement
quartzeux, trop lourds pour flotter dans l’air, rasent
le sol et, arrêtés par un obstacle quelconque, vont
former les dunes. '
Ainsi, sous l’influence de ces forces diverses, les
montagnes mêmes tombent lentement en ruines, qui
imitent parfois à s’y méprendre les ruines de l’industrie
humaine, tours, vieux châteaux, villes. Ces
ruines n ’étant pas remaniées par les eaux ont un
caractère fruste et abrupt tout à fait particuber. Le
Sahara tout entier ressemble lui-même à une ruine
de continent, avec ses montagnes en escabers, ses
vastes hamadas couvertes d’éclats de roches noirâtres
et comme calcinés, son chaos de cuvettes sans
issue, de Gours,à pic, de dunes immenses, dévastés
plaines alluviales presque nues, de bts de fleuves
morts, comblés çà et là par les dunes. De temps à
autre, une oasis vient trancher sur l’ensemble, comme
une tache d’un vert sombre.
D u n e s . Les dunes couvrent, d’après M. Pomel,
environ 1/9 de la superficie totale du Sahara. Elles
forment généralement des agglomérations considérables,
des aregs, comme l’Erg oriental et l’Erg
occidental en Algérie, la plus grande partie du
désert Libyque, etc. Un système de dunes dans son
ensemble représente assez bien les vagues d’une
mer en furie brusquement pétrifiée. Toutefois ces
vagues, dont quelques-unes peuvent atteindre de 150
à 300 mètres de haut, sont extrêmement inégales et
présentent des surfaces plus régubères que les
vagues de la mer. Sous le soleil saharien, ebes prennent
une teinte dorée, qui rappelle assez bien cebe