
La première des grottes fouillées est certainement,
par ordre de date, celle aujourd’hui disparue de la
Pointe Pescade près d’Alger. Le Dr Bourjot-Saint-
tlilaire y avait trouvé deux étages très nets.
L’inférieur rempli de sable, d’origine marine, indiquait
un ancien niveau delà Méditerranée à cette époque.
L’homme n ’y avait laissé aucune trace, mais il y
avait des restes de grands mammifères aujourd’hui
disparus : débris d’une faune probablement anéantie
par les grands cataclysmes post-pliocènes .' une
mâchoire dours, des os de bovidés, d’équidés, etc.
L étage supérieur, plus récent, contenait quelques
silex grossièrement taillés et évidemment apportés
de loin, le silex manquant dans la région 5 d’énormes
amas de coquilles d’escargots et debubmes, des débris
de foyers,des ossements appartenant à la faune actuelle
de l’Algérie, sinon à cette même région httoralë.
Les grottes d’Ouzidan, près de Tlemcen, n ’ont de
même fourni à M. Bleicher que des armes en pierre
taillée.
A l’instigation du Dr Bourjot-Saint-Hilaire, la Société
de climatologie d’Alger a exécuté en 1869 et 187U
des fouilles considérables à la caverne du Grand
Rocher, près Guyotvüle (1). On y a trouvé des süex
taillés et des haches polies, des poinçons, des
aiguilles et divers instruments en os, des restes de
foyers, de poteries, des ossements humains, le tout
mêlé^à des ossements d’animaux existant encore actuellement,
mais dont plusieurs, comme les cerfs, les
bubales, les gerboises, etc., ont émigré dans d’autres
lieux.
(1) Consulter, pour ces diverses fouilles, le Bulletin de la Société
de climatologie d'Alger, 1875-1876.
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Parmi les poteries exhumées dans ces fouilles, se
trouvent des vases à ornements losangiques, de tout
point pareils à ceux figurés par sir John Lubbock
et trouvés dans les Tumuh anglais. On en a trouvé
de tout pareils aussi dans des cavernes de Gibraltar.
Les Kabyles du Djurdjura en confectionnent encore
de parfaitement semblables. Rien ne se perd sur
cette terre d’Afrique.
Au-dessus de ces couches à débris préhistoriques
on a trouvé, dans cette même grotte, de nombreux
restes de l’époque romaine.
Les auteurs de ces fouilles insistent sur la remarquable
concordance qui existe entre les objets trouvés
dans cette caverne et ceux trouvés par les Anglais
dans les cavernes de Gibraltar.
Des cavernes de la banbeue d’Oran ont donné des
résultats semblables, moins les restes de l’épocrue
romaine. H
A Saint-Hippolyte, à Raz el Ma, à Saint-André de
Mascara, le D* Tommasini a trouvé des grattoirs et
des pointes de flèches des formes Moustérienne et
Solutréenne. On pourrait citer un grand nombre de
stations analogues.
En résumé, l’homme préhistorique a laissé en
Algérie les mêmes vestiges qu’en Europe, soit, comme
e dit le D- 1 ommasini, qu’il y eût alors communication
entre 1 Europe et l ’Afrique, soit que les mêmes
besoins eussent créé à peu près partout les mêmes
industries.
C’est du reste à cette même conclusion que conduit
1 etude des sépultures mégahthiques, si nombreuses
encore lors de la conquête, mais qui disparaissent
rapidement depuis.