
tinue de un décimètre de largeur environ en toile
cirée, ce qui constitue l'appareil Durand, dit à tort
appareil cypriote, soit en frappant les toiles pour
renverser les assaillants. Ceux-ci se mettent alors à
longer la toile et tombent dans des fosses préparées
d’avance qu’ils remplissent pendant qu’on en prépare
d’autres. Les criquets sont détruits dans les
fosses de diverses manières, soit en les piétinant
s il y en a peu, soit en les recouvrant de terre, soit
en les brûlant par le feu, l’acide phénique ou l’huile
lourde de houille. Leurs cadavres dégagentune odeur
fade écoeurante. On peut par ces moyens défendre
une commune, voire même un pays entier aussi bien
qu’un simple champ. Il arrive aussi que ces défenses,
si longues qu’on les fasse, soient tournées et qu’il
faille se replier en arrière.
Les murs en zinc sont généralement formés de
lames de 45 centimètres de haut sur l m,50delong. On
peut les pincer deux ensemble à leurs extrémités en
contact par une pince en fer qui sert en même temps
de piquet, ou bien on les cloue sur despiquets en bois.
Les bandes de toile ont des boutonnières, dans lesquelles
on passe une corde que l’on attache de distance
en distance à des piquets. Devant la toile, on
creuse un léger fossé avec les déblais duquel on
recouvre le bas du mur de toile pour ne pas laisser
de trous. Ce fossé servira de chemin aux jeunes criquets.
Le brouillard ternit vite le zinc et alors les
criquets y grimpent très bien individuellement,
comme après les appareils cypriotes, mais les
colonnes sont quand même arrêtées. De simples
planches posées sur champ et couronnées d’une
petite lame horizontale de zinc forment une bonne
protection. Si la lame de zinc ne fait saillie quen
dehors du champ à protéger, les criquets intérieurs
peuvent sortir sans que ceux du dehors puissent
entrer. C’est parfois une bonne précaution. On peut
encore se défendre avec des fossés h parois verticales,
en repoussant avec des branches les criquets
qui les escaladent, mais il faut beaucoup de monde.
Si les criquets couvrent de vastes espaces où 1 on
puisse sans grands dommages promener l’incendie,
c’est encore un puissant moyen de destruction.
Dans un pays peuplé, on pourrait facilement
détruire la totalité de ces animaux, mais dans de
vastes étendues broussailleuses, comme il en existe
beaucoup encore en Algérie, de grandes quantités
parviennent à l’état parfait. La sauterelle subit la dernière
mue et sort avec ses ailes. Sa taille est encore
inférieure à la normale. Dès lors il n ’y a plus à s’occuper
d’elle, tout danger est passé. Pendant un jour
ou deux ces jeunes criquets ailés vont essayer leurs
ailes, sè réunir en troupes, puis un beau matin on
n ’en voit plus un seul. On assure qu’ils s’élèvent à
une grande hauteur dans l’air et s’en retournent directement
vers le sud.
Les principales invasions de criquets pèlerins ont
eu lieu, depuis la conquête de l’Algérie : en 1845-46,
(mêlés avec le Stauronotus), en 1866, en 1874 et
en 1891. Dès novembre 1890, on signalait les criquets
dans l’extrême Sud.
Stauronotus marocanus. — Le Stauronotus maroca-
nus est bien plus petit que Y Acridium peregrinum. Le
mâle a une longueur de 20 à 25 millimètres, la
femelle a 4 centimètres, sa .couleur est grisâtre avec
les derniers articles des pattes rouges. Se multipliant