
D’après l’émir Abd-el-Kader (1), les chevaux de
race se distinguent par la finesse des lèvres et du
cartilage inférieur du nez, par la dilatation des
narines, p arla maigreur des chairs qui entourent les
veines de la tête, par l’attache élégante de l’encolure,
par la douceur des crins, du poil et de la peau,
par l’ampleur de la poitrine, la grosseur des articulations
et la sécheresse des extrémités. Enfin Abd-el-
Kader insiste beaucoup sur la fierté et les qualités
morales.
Un des chevaux qui ont le plus contribué à former
la race des chevaux de courses anglais fut un cheval
barbe, nommé Godolphin. Il fut acheté à Paris, où il
traînait la charrette d’un porteur d’eau. C’est ensuite
par de fréquents croisements de leurs meilleurs
chevaux avec des chevaux barbes que les Anglais
sont arrivés à, perfectionner leurs coureurs au point
que l’on sait. Ils sont d’ailleurs sous bien des rapports
inférieurs aux chevaux barbes.
Le cheval arabe, relativement rare en Algérie, est
plus grand et plus fort que le barbe. On l’y trouve
rarement pur,pour ne pas direjamais.il est presque
impossible de se procurer des étalons arabes pur
sang des races Nedj et Koheil, si estimées en Arabie.
Les chevaux algériens sont assez variables suivant
les régions. Les plus beaux se trouvent dans les
Hauts-Plateaux à Tiaret, et Frendah, dans la province
d’Oran, chez les Nemenchas et les Haractas dans celle
de Constantine. Avec les tendances actuelles de la
remonte, il serabientôt difficile de trouver en Algérie
des barbes purs et peut-être est-ce un bien à ce point
(1) Abd-el-Kader, Lettre au général Daumqs.
de vue que le Maroc soit resté jusqu’à ce jour
en dehors de notre civilisation, pour conserver
pures nos races africaines d’animaux domestiques
(1).
Le cheval barbe aurait, d’après les auteurs, une
vertèbre lombaire de moins que les chevaux d’Europe
et constituerait un type nettement à part dont il serait,
curieux de limiter l’aire. On a contesté l’importance
de ce caractère spécifique.
Les chevaux barbes et arabes ont probablement
une même origine. L’un et l’autre doivent descendre
des chevaux des Scythes, qui stupéfièrent les anciens
par leur cavalerie. Nul doute que de cette même
souche descendent aussi beaucoup de chevaux européens;
mais la supériorité des chevaux barbes et
arabes s’explique par les grands soins apportés
depuis de longs siècles par les Arabes au choix des
reproducteurs.
D’après Bouvier, les diverses conquêtes du sol de
l’Afrique auraient beaucoup nui au perfectionnement
de la race chevaline, et ce serait la cause que les plus
beaux types se trouvent dans le Sud, où les tribus
primitives ont pu échapper au joug des conquérants.
11 attribue l’abus que font les Arabes des marques de
feu sur les pieds de leurs chevaux à une simple ruse
pour éviter que les animaux portant ces marques
(1) D’après le livre récemment publié sur les Chevaux du
nord de L'Afrique par le gouvernement général de l’Algérie,
on ne trouve plus de barbes purs que dans le Sud. Ceux du
littoral sont tous abâtardis. Les auteurs de ce remarquable
travail sont d’accord pour proscrire tout croisement autre
que ceux entre barbes et arabes. D’après des personnes compétentes,
on pourrait peut-être admettre l’étalon andalou, qui
serait un barbe bien conservé.