
éléments d ’em p ru n t, les deux flores se raient très
semblables.
Au contraire il suffit de faire moins de 100 lieues,
soit au nord de Montpellier, soit au sud d’Alger, pour
trouver des flores très différentes. Est-ce la Méditerranée
qui a fait irruption dans une région naturelle
après l’établissement de la flore actuelle ; est-ce
l’égalité du climat qui règne sur ses bords qui a
amené la simibtude de leurs flores : c’est un problème
que nousne nous chargeons pas de résoudre. De Can-
dolle a démontré que les mers de faible étendue
ont peu de pouvoir pour limiter l’aire des espèces,
et sont bien inférieures aux déserts sous ce rapport.
En réalité, l’Europe ne finit qu’au Sahara et tout le
Maghreb n’est qu’un prolongement de la région de
l’obvier. Ce fait est d’autant plus frappant que l’on
voit les mêmes espèces se répéter suivant la longitude
sur les deux rives de la Méditerranée. Le Lotus
drepanocarpos Durieu, de Bône, se retrouve sur les
côtes de la Provence ; le Campanula macrorhiza, sur
les rochers des Alpes-Maritimes et sur ceux de la
Kabybe. Le Silene gibrallarica, le Bupleurum gibral-
taricum, etc., se retrouvent à Gibraltar et à Oran.
Toute une colonie de plantes espagnoles se continue
suivant la longitude jusque sur les montagnes de
l’extrême Su'd oranais.
La flore du Tell varie d’ailleurs non seulement
suivant la longitude, mais encore suivant la latitude
et le rebef du sol. A Nemours, sur le bttoral, ou la
latitude est à peu près celle de Biskra, la flore méditerranéenne
se mêle à celle de la steppe. A La Calle,
au contraire, on trouve beaucoup de plantes européennes
que l’on chercherait vainement ailleurs en
ARBRES ET ARBUSTES. 17
Algérie : le Nymphæa et le Nénuphar, Ranunculus
flammula, RaphanusLandra, Roripa amphibia, Rham-
nus Frangula, Trapa natansy Thapsia polygarna,
Statice Limonium, Rumex maritimus, Polygonum hy-
dropiper, Vallisneria spiralis, Asplénium mari-
numy etc.
De même, à mesure que l’on s’élève sur les montagnes,
la végétation prend un caractère plus boréal
et l’on y rencontre beaucoup d’espèces de l’Europe
centrale ou des montagnes de la région méditerranéenne.
Ces espèces commencent à des niveaux
d’autant plus élevés que l’on s’avance plus avant
dans le sud, où la flore des steppes tend à tout
submerger. Chaque sommet de moniagne y représente
une île méditerranéenne, comme nous l’avons
constaté au Mzi, près de Figuig.
Les diverses flores de l’Algérie sont bien caracté-
I risées par quelques Graminées : les Festuca du groupe
■ de VOvina, pour la région montagneuse, le Diss
I (Ampelodesmos tenax) pour le Tell; l’Alfa (Stipa tenait
cissima) pour la steppe et enfin le Drinn (Arthrathe-
i rum pungens) pour les sables désertiques.
Arbres et arbustes. — Outre le Diss, la flore du
iTell présente encore comme caractéristique un
I remarquable ensemble d’arbres et arbustes toujours
Iverts : obvier, lentisque, chêne-bège, chêne vert,
( chêne kermès, myrte, phylhreas, thuya d’Algérie,,
pin d’Alep, caroubier, palmier nain, laurier, laurier-
j rose, arbousier, alaterne, etc. Les arbres ou arbustes
|à feuilles caduques y sont trop peu nombreux pour
imodifier cet aspect toujours vert de la flore arbus-
| tive, si l’on en excepte toutefois certaines plaines
| occupées par Zizyphus Lotus le Chébf par exemple ;
Battandier et Trabut. — Algérie. 2