
d une végétation arborescente, qui aurait besoin pour
vivre d enfoncer des racines dans les épaisses couches
sous-jacentes des dépôts meubles. Aussi la vaste
plaine de Sétif {Ager arboriinfecundus de Salluste), et
toute la région des Hauts-Plateaux de l’Ouest sont
absolument privées d’arbres, la carapace calcaire y
étant partout superficielle et continue. Cette croûte
calcaire est utilisée fréquemment pour empierrer les
ioutes et faire de la chaux. Des colonnes expéditionnaires
ont pu s’y creuser des logements en perçant
la voûte calcaire et en déblayant les sables meubles
sous-jacents. On a pu sur bien des points établir
la culture arbustive, en défonçant cette croûte stérilisante.
La puissance considérable des terrains quaternaires
dans les dépressions est révélée par les nombreux
sondages artésiens, pratiqués dans les Hauts-Plateaux
et particulièrement dans le Sahara. — Ces
puits ont une profondeur moyenne de 70 mètres,
les couches traversées comprennent des séries alternantes
de sables, de graviers et d’argile, au milieu
desquelles on rencontre plusieurs nappes d’eau
ascendantes ou jaillissantes, alimentées par les
infiltrations pluviales venant se perdre dans les parties
absorbantes qui reçoivent aussi les oued des
montagnes du bourrelet saharien.
M. Pomel (1) rattache au quaternaire de puissantes
formations de Travertins, dont les sources sont
aujourd’hui taries. Ces dépôts forment le sommet de
collines, par suite de l’ablation des surfaces qui les
avaient limitées et de leur ravinement. A Milianah,
(1) Pomel, Massif de Milianah.
ces travertins, flanqués sur la pente du Zaccar, constituent
l’assiette de la ville, ils tombent comme de
cascade en cascade solide dans toute la zone des
jardins.
Le travertin de Milianah contient quelques fossiles,
M. Pomel y a reconnu Adianthum càpillus Veneris,
Taurus nobilis, Rubus fruticosus, Hedera helix,
Viburnum Tinus et aussi Ficus carica et Vitis vinifera,
plantes dont l’indigénat ne peut plus être contesté.
Ces dépôts travertineux sont surtout importants
dans le massif de Tlemcen et le bassin de lo u ed
Khemis. Les villages de Mazzer, Beni Achir, Béni
Badel, Zara, Tafessera sont installés, ainsi que leurs
jardins, sur ce travertin déposé dans le milieu des
vallées et formant parfois des escarpements de près
de 100 mètres au débouché de vallées secondaires
(Mazzer Tahtani), qui se terminent ainsi par une
vaste terrasse travertine use surplombant la vallée
principale. Les habitants de ces régions creusent ces
travertins, pour y établir des demeures ou des réduits
pour leurs animaux. Les jardins établis sur ces
dépôts sont remarquablement fertiles.
L’origine des sources qui ont abandonné ces dépôts
paraît se rattacher aux phénomènes de dislocation
de la fin du tertiaire, dont elles ont été la dernière
phase. U n mouvement postérieur, pendant la période
quaternaire, paraît avoir détruit les conditions
d’existence de ces sources. Et actuellement les dépôts
d’Hammam Meskoutine et d’Ilaiiimam boulladjai et
de quelques autres sources minérales constituent
des travertins actuels, formés dans les mêmes conditions,
mais avec moins d’intensité.
Sur une grande partie de la cote, à une altitude