
caractères propres, et former les curieuses popu^
lations Kabyles et Chaouïa.
Yers 1518, vinrent les Turcs qui dominèrent une
grande partie du pays jusqu’en 1830. Mais ce nouvel
élément ethnique, peu nombreux et cantonné dans
ses garnisons, n ’a eu qu’une très faible influence.
Pourtant on reconnaît encore chez quelques Cou-
louglis (métis de Turcs et de femmes indigènes)
quelques signes de la race jaune.
Le courant arien pendant cette période (534-1830)
semble arrêté. A peine peut-on mentionner la malheureuse
croisade de saint Louis à Tunis, les expéditions
de Charles-Quint et des Espagnols contre les
corsaires, l’occupation par ce peuple de quelques
coins de la côte où ils demeurèrent isolés et enfin
l’introduction de quelques captifs européens.
Juifs. —Aux éléments sémites il convient d’ajouter
encore les Juifs, si nombreux dans tout le Nord de
l ’Afrique où ils se réfugièrent à la suite des persécutions
des chrétiens, surtout lors de leur expulsion
d’Espagne par Ferdinand V et Isabelle la Catholique,
ou plus exactement par le dominicain Torquemada,
représentant du fanatisme monastique.
La conquête française. — La conquête française
rouvre enfin le nord de l’Afrique aux populations
européennes qui se juxtaposent aux musulmans,
sans mélange appréciable.
Nous resterons peut-être eu Afrique, dit M. Masque-
ray (1), mais certainement aucun des peuples qui y sont
entrés avant nous n’en est sorti... Tous les hommes que les
flots changeants des invasions ont déposés sur cette terre y
demeurent encore; ils s’y. "sont lentement confondus. Les
(1) Masqueray, Formation des cités Kabyles et Chaouias,
Paris, 1886.
Éthiopiens chasseurs d’éléphants et de girafes, les hlonds
constructeurs de dolmens, les Chananéens, les Coptes, les
Syriens n’ont pas de place même dans les légendes populaires
et n’exercent que la sagacité des archéologues ; les Européens
introduits par Rome ont aussi disparu dans la masse qui les
environnait, bien qu’un grand nombre de fractions de tribus
tentent encore de se distinguer des autres en se disant d origine
romaine ; les Arabes eux-mêmes, qui sont plus récents,
se sont altérés en se subdivisant et en s’alliant au reste de la
population, à tel point qu’on retrouve à peine quelques-uns de
leurs groupes primitifs.
Après ce résumé historique, où nous avons
passé sous silence les peuplades si peu connues,
nommées par les Romains Massyles, Massesyles,
Gétules, Mazias, Numides, Maures, Quinquegentans,
Garamantes, etc., peuplades dont l’assimilation aux
divers types ethniques serait bien difficile aujourd’hui,
nous passerons en revue les principales populations
actuelles de l’Algérie.
Les Indigènes. — La grande masse de la population
actuelle de l’Algérie est sémite. On désigne
généralement sous le nom d'Indigènes les Arabes et
les populations antérieures à eux, réunies en bloc
sous l’appellation de Kabyles ou Berbères. L’ensemble
des indigènes compte plus de trois millions
d’habitants. Il est souvent à peu près impossible de
distinguer les Arabes des Kabyles. Souvent l'on regarde
comme Arabes les populations où la propriété
est indivise et qui vivent sous la tente ou sous des
gourbis, sortes de huttes en branchages recouvertes
de diss ; et comme Kabyles certaines peuplades
montagnardes, qui habitent des maisons en pierre et
chez qui les propriétés sont constituées à peu près
comme chez les nations européennes. Mais cette
classification est artificielle. Souvent, pour ne pas