
mais cet arbrisseau, se trouvant en général dans des
terrains cultivables, disparaît de plus en plus. Nous
citerons comme autres essences à feuilles caduques :
le Populus alba, formant çà et là des bouquets dans
les ravins frais, le figuier, quelques Salix, Y Anagy ris
fétida, quelques génistées, le micocoulier, l’orme,
les érables, le chêne Zen, les térébinthes, quelques
peupliers noirs dans la région montagneuse, etc.
Jusqu’à notre arrivée en Algérie, l’Arabe, essentiellement
pasteur, n ’avait guère modifié la distribution
naturelle des espèces tant végétales qu’animales.
De vastes broussailles ou maquis couvraient plaines
et coteaux, cédant parfois la place à des peuplements
de Diss, dont les touffes rapprochées forment chacune
une butte d’environ 50 centimètres de hauteur.
C’est une botte de feuilles rudes et coupantes, d’où
émergent quelques hampes de 1 à 2 mètres semblables
à des roseaux. Les clairières des broussailles
formaient prairie. Les meilleurs terrains seuls
étaient cultivés à la mode arabe. On labourait ou
plutôt on grattait la terre entre les touffes de brous-
saille. Même les herbes vivaces un peu profondes
n ’étaient point arrachées.
Broussailles. — Les essences principales qui forment
nos broussailles sont l’olivier, le lentisque, le
chêne kermès, les cistes, le palmier nain, etc.
L’olivier est très répandu dans presque tout le
Tell jusque vers 1200 mètres d’altitude. 11 est cer- I
tainement autochtone, tantôt à l’état de simple I
broussaille mêlé avec d’autres essences, tantôt for- I
mant de grands arbres plusieurs fois séculaires, par- I
fois de véritables géants comme celui du marabout I
de Sidi Rehan près Bougie.
Les Phyllireas, très semblables à l’olivier, jouent
le même rôle dans les broussailles et poussent
comme lui pêle-mêle avec d’autres essences.
Le lentisque et le chêne kermès jouent un rôle
prépondérant dans la formation de nos maquis, tantôt
bnissonnants sur les coteaux secs ou très pâturés,
tantôt formant des arbres plus ou moins élevés dans
les vallées fraîches. Le lentisque pousse souvent en
grandes touffes hémisphériques pareilles à des arbres
qu’un cataclysme aurait enterrés jusqu’au milieu du
branchage. Dans les bonnes terres de culture, ces
touffes sont parfois énormes ; sur les dunes du bord
de la mer, elles résistent bien et prennent, au moins
en largeur, un grand développement. Près d’Alger, le
lentisque donne parfois Un peu d’une térébenthine
molle et gluante ne se desséchant pas comme le
mastic. Il est assez rare que le chêne kermès porte
l’insecte auquel il doit son nom et que l’on trouve
aussi sur les racines du chêne vert. Ce chêne kermès
est encore connu sous le nom de Garouille. L’écorce
de sa racine est recherchée pour le tannage des
peaux.
Le myrte pousse exceptionnellement aussi à l’état
de grand arbre, mais le plus souvent il reste broussailleux.
Il est très abondant dans les broussailles
du littoral des provinces d’Alger et de Gonstantine,
mais, vers l’ouest, il ne dépasse guère Ténès. Entre
le cap Aokas et l’embouchure de l'oued Agrioun, près
de Bougie, il forme avec le Laurus nobilis une forêt
impénétrable que l’on est en train de détruire et qui
ne comporte guère, outre ces deux essences, que
quelques lianes. A part cette station, le Laurus nobilis
forme çà et là quelques peuplements dans les