
les Terfezia, dont le Terfezia Boudieri est l’espèce
abondante dans les hauts plateaux, et les Tirmania
{T. Camboni et T. africana), qui se rencontrent dans
le Sahara proprement dit après les pluies d’automne.
Dans la région montagneuse très boisée en chênes,
on n ’a pas jusqu’ici trouvé un Tuber ou une truffe
vraie. Ce fait est assez curieux, car ce genre est bien
représenté en Espagne et en Italie.
Dans les sables désertiques, on rencontre après
les pluies quelques Gastéromycètes remarquables,
comme les Gyrophragmium , Secotium., Tylostoma,
Podaxon, Xylopodium, Phellorina.
Sériciculture. — La sériciculture fut implantée
de bonne heure en Algérie. Dès 1843, d’importants
essais étaient faits sous l’habile direction de M. Hardy,
à la Pépinière centrale, devenue le Jardin d’essai.
Avec l’excellent esprit d’observation et le zèle qu’on
lui connaît, M. Hardy étabht en quelques années les
bases de l’industrie séricicole en Algérie. Des encouragements
administratifs provoquèrent la plantation
d’une grande quantité de mûriers et l’on put croire
un moment à l’installation définitive de la sériciculture
sous un climat qui lui est très favorable.
Mais soit insuccès de quelques essais, soit rareté de
la main-d’oeuvre,soit abaissement des prix, soit extension
des maladies des vers, nous voyons les colons
abandonner l’éducation des vers à soie, pour s’adonner
à d’autres cultures en apparence plus lucratives.
Cette question est à reprendre, il faut d’abord détruire
un préjugé bien étabb, en démontrant que le
prix de revient du kilogramme de cocons n ’est pas
aussi élevé qu’on le croit généralement.
CHAPITRE IV
LA STEPPE
La véritable steppe algérienne se confond avec
les grands peuplements d’Alfa, connus dans le public
sous le nom de « Mer d'Alfa ». Elle occupe de vastes
plateaux entre le Tell et le bourrelet saharien élevés
de 900 à 1 300 mètres. Sur ces vastes espaces, on
ne voit guère d’accidents du sol, pourtant une mince
arête (Djebel Amrag, Djebel Antar), les traverse sur
une soixantaine de kilomètres. Çà et là, quelques
petites colbnes insignifiantes. Près du bourrelet
saharien, on rencontre quelque mont pittoresque ou
quelques rochers ruiniformes; mais, pendant des
centaines de kilomètres, on ne voit pas une pierre,
pas un rocher, pas un arbre; ni vallées, ni collines
; de simples ondulations à grand rayon, avec de
faibles différences de niveau. Ce que l’on y désigne
sous le nom d'Oueds ne ressemble en rien au lit
d’une rivière. Ce sont des dépressions irrégulières,
-plus continues et plus étroites que les autres, se
continuant jusqu’aux Chotts. L’herbe en tapisse le
fond et l’on n ’y voit ni sable, ni cailloux, ni berges
à pic, ni eau, sauf pendant les grandes pluies. L’ensemble
de la région s’inchne insensiblement vers les
Chott s , vastes cuvettes lacustres où se déversent leurs
eaux. Véritables lacs sans profondeur pendant les