
célébrer l’abolition de l’esclavage. Les vautours, que
l’on ne voit pas d’habitude dans ces parages, arrivent
à ce moment pour prendre leur part du festin
en faisant disparaître les débris des nombreux moutons
immolés. Il est probable qu’ils voient ou entendent
de loin le remue-ménage qui se fait alors.
Le Gypaète et l’Aigle impérial sont rares. L’Aigle
fauve ou royal est assez répandu dans les montagnes.
Une espèce plus petite, l’Aigle ravisseur, Aquila
nævioides Ch. Bonaparte, est fort répandu en Algérie,
d’où il s’étend jusqu’au cap de Bonne-Espérance
et jusqu’au Sénégal. Cet animal, représenté sous le
nom de Falco Belisarius (1), est voisin de l’Aigle criard
et de l’Aigle Bonelü d’Europe, espèces qui se retrouvent
aussi en Algérie, ainsi que l’Aigle botté, Aquila
pennata Vieillot. A citer encore le Pyrargue, le Balbuzard
et le Jean-le-Blanc.
Les Buses comptent la Buse ordinaire et une
espèce spéciale,le Buteo cirtensis Ch. Bonap., ainsi
que la Bondrée commune.
Les Faucons, nombreux en espèces, sont utilisés
par les Arabes, qui ont conservé depuis les temps les
plus reculés l’institution de la fauconnerie. On ne
compte d’ailleurs dans toute l’Algérie que trois ou
quatre familles de grands chefs qui se permettent ce
luxe. Un chef ou un fonctionnaire de médiocre importance
se couvrirait de ridicule aux yeux de ses
coreligionnaires, s’il se permettait un équipage de
-vol. Chacun de ces grands chefs entretient une
famille de fauconniers, où les traditions de la fauconnerie
se conservent de père en fils. On ne garde les
(1) Atlas de Y Exploration de l'Algérie.
faucons que pendant la saison de la chasse et le temps
nécessaire pour les dresser. Au printemps, on leur
rend la liberté. Us se reproduisent en liberté, élèvent
leurs petits, et ce n’est qu’en juin ou en juillet que
les fauconniers parviennent à reprendre quelques-
uns de leurs anciens élèves et qu’ils complètent leur
équipage avec des faucons niais ou jeunes non dressés
et des faucons hagards ou adultes, également
ignorants, qu’il faudra dresser sur nouveaux frais.
On chasse au faucon le lièvre, le lapin, la perdrix et
surtout l’Outarde Iïoubara.
Au printemps, époque où cet oiseau devient fort gras,^ on
bat la plaine à la recherche des Houbaras. Celles-ci déploient
des ruses incroyables pour échapper à leurs ennemis, allant,
venant, s’enfonçant dans les broussailles, en ressortant pour y
rentrer-, ce n’est que lorsqu’on est parvenu à faire lever un
de ces oiseaux qu’on déchaperonne les faucons ; ceux-ci se
lancent à sa poursuite, en prenant le dessus, et redescendent
sur la proie avec la rapidité d’une flèche, ils la frappent de
l’aile et du talon et l’abattent. Quelquefois, se voyant sur le
point d’être saisie par l’oiseau de proie, la Houbara se ren^
verse sur le dos et frappe fortement son ennemi avec ses
pieds (1).
L’espèce la plus recherchée pour la chasse est
spéciale à l’Algérie, où elle est peu commune. C’est le
Lanier de Barbarie, Gennaja barbarus. On emploie
aussi le Faucon vulgaire, le Sacré, Gennaja sacer, le
Lanier commun, etc. Les autres falconidés d’Algérie
sont : le Chiquera macrodactyle et trois Hobereaux
rarement utilisés pour la chasse, l’Emerillon ordinaire,
deux Crécerelles et l’Erythropus vespertinus ;
l ’Autour et l’Epervier ordinaires, le Micronisus niger ;
trois Milans, parmi lesquels le Milan d’Égypte;
(1) Loche, Exploration de l'Algérie.