
Le Mole vulgaire ou Poisson-Lune n ’est pas très
rare ; on prend aussi le Balisle caprisque.
Les Sélaciens sont assez bien représentés, quelques
espèces même pullulent et fournissent une
nourriture abondante aux pauvres gens.
Les Requins (Carcharias vulgaris, C. ferox et C. leu-
cos) sont rares : de temps à autre, les pêcheurs en exhibent
de beaux spécimens ; la grande et la petite
Roussette abondent, ainsi que l’Aiguillât; deux Marteaux,
l’Ange ne sont pas rares ; enfin on note encore
cinq autres Squales. Les Raies comprennent le Rhi-
nobate, quatre Torpilles, six Raies, la Pastenague, la
Pteroplatée des Canaries (R),laMourine aigle,le Cépha
loptère de Giorna qui atteint des dimensions énormes.
Poissons d’eaux douces. —- Les cours d’eau de
l’Algérie ont une faible étendue, ils parcourent depuis
la région montagneuse où ils prennent naissance
une série de plans très inclinés qu’ils ravinent, ce
sont des torrents, roulant après les pluies des eaux
boueuses et montrant, entre des berges souvent très
éloignées, un lit de gravier et de sables avec un mince
filet d’eau et quelques flaques croupissantes. Les
rivières les plus considérables, la Mafrag, la Seybouse,
l’Oued-el-Kebir, l’Harrach, la Macta ont une barre et
à quelques kilomètres au-dessus une certaine quantité
d eau stagnante qui est peuplée de quelques
poissons. Les ruisseaux d’eaux vives se rencontrent
cependant dans la Kabylie orientale, et de véritables
lacs se sont formés dans la région de La Calle. Dans
les Hauts-Plateaux, on observe une série de bassins
fermés, mais les eaux sont trop peu abondantes pour
former des lacs, les Chotts ou Sebkhas se dessèchent
en été.
Dans le Sahara, une partie élevée en terrasse est
privée d’eau, mais le Bas-Sahara, au sud del'Aures,
est riche en eaux souterraines formant un véntab e
réseau qui se montre, çà et là, au fond de puits ^ atu"
rels ou gouffres, que les Indigènes appellent Bahr, et
qui sont habités par des poissons et autres animaux
aquatiques pouvant aller par des voies souterraines
d’un gouffre à un autre ou bien sortir par un puits
artésien rencontré dans ce parcours.
L’Ichthyologie del’Algérien’est encore qu’impartai-
tement connue, elle a été étudiée par la Commission
de l’exploration, plus spécialement par Guichenot et
Paul Gervais, plus récemment par M. le colonel
Play f air, consul d’Angleterre à Alger, et par Ch. A. Le-
tourneux. Ces travaux portent à vingt-trois le
nombre des espèces observées.
Parmi les poissons que l’on rencontre dans les
eaux douces du littoral, il faut noter d’abord sept
espèces qui vivent aussi dans la mer ; ce s o n t.
Gobius rhodopterus, G. paganellus,Blenmus vulgaris,
AtherinaRissoi, Mugil cephalus, M. Capito, Clupeaflin-
ta. Mais les eaux douces ont en propre : le Barbeau de
La Calle, qui se trouve partout en Algérie, parfois en
quantités énormes; il est pour bien des localités de
l’intérieur une ressource précieuse, ce poisson se
retrouve dans le Tage. Plus rarement on trouve le
Barbeau de Sétif, qui diffère par le nombre des séries
longitudinales d’écailles entre la ligne latérale et
l’insertion de la ventrale, qui est invariablement de six
pour le Barbus callensis et de cinq pour le B.sitifensis.
L'Anguille ne manque dans aucun cours d’eau, lac
ou mare; dans le Felzara et à la Macta, elle est pêchée
en grande quantité.