
découpés et entaillés dans les massifs des Touaregs
et au delà, c’est l ’Afrique primordiale du granit°et
des terrains paléozoïques.
La carte géologique de l’Algérie, qui est aujour-
d h u i arrêtée dans ses grands traits, a été surtout
1 oeuvre de M. Pomel. Ce travail, entrepris en 1853, a
réclamé de son auteur une activité et une sagacité
au-dessus de tout éloge. C’est à cette source que
nous puiserons les renseignements nécessaires
pour mettre en vue les caractères dominants de la
constitution du sol algérien.
Schistes cristallins et terrains paléozoïques. —-
Les terrains cristallisés anciens sont peu développés
en Algérie; cantonnés dans la région littorale ils
forment des caps ou des massifs voisins de la mer
disséminés depuis Bônq jusqu’à Alger; ce sont les
monts de l’Edough à Bône, le massif qui s’étend de
Philippeville à Djidjelli, le massif Kabyle au pied du
Djurjura, la Bouzaréa à Alger. Ces terrains comprennent
quatre divisions principales :
a. Du gneiss, formant des masses puissantes; '
. Des micaschistes, généralement superposés au
gneiss j
c. Des calcaires, plus ou moins cristallins et souvent
de véritables marbres qui sont intercalés dans
es gneiss et les schistes et fréquemment accompagnes
de gisement de fer magnétique ;
d. Des schistes détritiques, accompagnés de conglomérats.
Ces roches cristallophylliennes sont traversées par
des roches granitoïdes éruptives : ce sont des pegmatites
ou des granulites souvent tourmalinifères.
Dans la province d ’Oran, également sur le littorai,
on trouve un système de schistes phylladiens,
ardoisiers par place, passant aux quarlzites dans
d’autres, accompagnés aussi de calcaires compacts
souvent cristallins, avec minerai de fer oligiste ou
carbonaté. A Oran et dans le massif des Traras, les
assises, relevées jusqu’à la verticale, se présentent
en îlots.à relations stratigraphiques obscures, elles
sont de plus privées de fossiles déterminables.
. L’âge réel de ces schistes oranais ne peut donc
être précisé et ce n ’est que par l’analogie de leur
faciès pétrographique avec les régions siluriennes
du midi de l’Europe que les schistes et quartzites
des Traras et de Garrouban ont été. rapportés provisoirement
à cet étage.
Les schistes de Garrouban sont riches en filons
métallifères (cuivre, plomb).
Quant aux schistes d'Oran, d’Arzeu, du Rio Salado,
ils seraient moins anciens, mais cependant encore
antérieurs au Jurassique (Trias).
Terrains jurassiques. — La série des terrains
jurassiques est bien développée sur le flanc du
grand Atlas marocain, elle pénètre dans le département
d’Oran par le bord septentrional des Hauts-
Plateaux et par le chaînon littoral des Traras.
Le Jurassique des Hauts-Plateaux oranais se
continue jusqu’à Taguin et Chellalah. Dans le département
d’Alger, les roches jurassiques forment des
pointements entourés par le Tertiaire ou le Crétacé.
C’est ainsi que cette formation presque exclusivement
calcaire constitue, sous forme de roches
escarpées, les sommets de l’Ouarsenis, les crêtes du
Djurjura, la crête du Gourraya de Bougie, les massifs
du Cbabet entre Bougie et Sétif et les Babor. Aux