
législatif, judiciaire,exécutif,et réglait toutes les questions.
Elle délègue pourtant une partie du pouvoir
exécutif à un Amin, choisi par elle dans son sein et
révocable. L’àmin se choisit un adjoint dans chaque
fraction de la commune. Toutes ces fonctions sont
gratuites. Bien que les décisions soient prises à la
majorité, les Djemaas tiennent en général grand
compte de l ’opinion des minorités. Si les avis sont
trop partagés et que la discussion menace de dégénérer
en querelle, on s’en remet au jugement d’arbitres
choisis par les deux partis.
Dans un pays qui n’a point d’auberges, l’hospitahté
est un devoir, aussi tous les détaüs en sont-üs réglés
et la moindre infraction punie de l’amende. Les
amendes, infligées par la Djemaà, forment un fonds
commun destiné à venir en aide aux malheureux. La
charité publique a bien d’autres ressources. Toute
famille qui tue une bête pour sa consommation doit
en réserver une part pour les malades, en outre
des distributions générales faites dans certaines
■occasions. Des refuges sont construits le long des
sentiers des montagnes pour les voyageurs égarés.
Une charité ou un socialisme si larges font qu’en
Kabyhe il y a peu de gens absolument malheureux.
Les grandes fortunes y sont également rares.
h'Anaia ou engagement d’honneur, par lequel un
individu ou une collectivité promettent aide et protection
à un autre individu ou à une autre collectivité,
est ce qu’il y a de plus sacré dans les coutumes
kabyles. Si celui qui a promis son anaïa se trouve
dans 1 impossibilité de faire honneur à sa promesse,
1 engagement passe à sa famille, à sa tribu ou à son
village. La violation de l’anaïa entraîne l’infamie du
coupable et même la peine de mort avec confiscation
des biens.
Toutes les communes ou villages sont égaux entre
eux et indépendants. Cependant un certain nombre
de villages se réunissent pour former la tribu, mais
la tribu a peu de pouvoir. Elle sert seulement de
médiatrice dans les querelles entre villages, les soutient
dans les affaires qui intéressent toute la collectivité,
sans jamais s’immiscer dans les affaires
particulières.
Dans une pareille organisation, si belle en apparence,
la guerre civile était en permanence, de tribu
à tribu, de village à village,, de quartier à quartier.
Chaque parti belligérant constituait un Çof. Rien ne
coûte à un Kabyle pour soutenir son çof. Quand le
çof est en jeu, il n ’y a plus ni bonne foi, ni droit, ni
justice. Un autre inconvénient de cette organisation,
c’est qu’elle est sans force contre des conquérants
fortement organisés ; aussi n ’a-t-elle pu se maintenir
que dans les pays escarpés, faciles à défendre.
Le Kabyle est travailleur, économe, intelligent,
très propre au commerce comme à la culture, fortement
attaché au sol. 11 y a beaucoup à espérer de
lui pour l’avenir delà colonie. Néanmoins il est généralement
pauvre, très pauvre même. II n ’a pas les
dehors brillants et chevaleresques de l’Arabe qui
plaisent tant à .notre nation. Il s’exprime avec aisance,
mais il est âpre au gain, avare même et pratique
volontiers l’usure. Le sort de la femme n ’est guère
plus enviable chez le Kabyle que chez l’Arabe.
Les Juifs. — Les Juifs pullulent dans les pays
arabes, malgré les humiliations perpétuelles dont ils
y sont abreuvés et les spoliations violentes (nefras)