
L administration commença l’oeuvre de régénération
par l’élimination des mâles impropres; mais, à
peine cette sélection était-elle commencée, qu’un revirement
malheureux se produisit. Soùs prétexte de
produire une meilleure laine, on chercha à modifier le
mouton algérien en le croisant avec divers mérinos. La
Bergerie nationalede Moudjebeurfutcréée et pendant
vingt ans tous les ans 100 000 francs s’engloutirent
sans qu il fût possible de constater le moindre résultat.
La race soi-disant améliorante manquait de
résistance, elle ne put en rien modifier le type local.
La question de l’utilisation des steppes algériennes
par le mouton est des plus importantes pour
l’Algérie. Elle est assez complexe et a fait peu de
progrès jusqu’à présent. Ce qui manque dans les
steppes, c’est l’eau. Partout où l’on pourra trouver
de l’eau, rien ne sera plus facile que de créer d’excellents
pâturages, mais même là où -l’eau fait défaut,
c’est-à-dire à peu près partout, il est probable
que des labours légers faits en temps opportun, avec
ou sans ensemencement d’espèces convenablement
choisies, pourraient donner d’excellents résultats. La
première chose à faire serait d’essayer de tirer
parti des meilleures espèces indigènes, en les favorisant
par un commencement de culture. Un sainfoin
très répandu dans ces régions, V Onobrychis argentea
et une Salsolacée, YHalogeton sativus, mériteraient,
ainsi que bien d’autres, d’être essayées dans ce
sens. Si l’on se borne à l’amélioration des races
ovines, leur extension sera toujours limitée, car le
pâturage de la steppe est bien pauvre et ne peut
fournir que des ressources limitées, même si l’on
multiplie les points d’eau destinés à l’abreuvage.
Chèvre. — Les Chèvres sont de petite taille, mais
appartiennent à des races assez variées. Les Arabes
élèvent souvent une petite chèvre noire à longs poils
dont ils utilisent la toison pour faire de la toile à
tentes et diverses étoffes, la peau pour faire du maroquin
et la viande en guise de mouton. Près des
villes, les laitiers maltais élèvent la chèvre maltaise
ordinairement blanche, également à longs poils et
bonne laitière ; à Oran, les Espagnols ont amené la
chèvre de Grenade à poüs ras, un peu plus grande que
les races arabes. Ceux-ci ont également sur certains
points une race à poils ras. Les chèvres causent de
grands dégâts, tant dans la région forestière que dans
la région des Hauts-Plate aux. Dans la région forestière,
elles empêchent la repousse des forêts abattues
ou brûlées où on les laisse pénétrer. Dans les Hauts-
Plateaux, elles rendent quelques services en dirigeant
les troupeaux de moutons, mais sur bien des
points leur rôle est néfaste. Tandis que les moulons
se contentent des plantes herbacées, les chèvres
broutent à outrance les plantes ligneuses ou vivaces
qui seules retiennent les terres. Ces plantes disparues,
le ravinement change peu à peu en désert des
contrées antérieurement très propres à l’élève des
troupeaux.
Boeuf. — Les Boeufs arabes sont petits. La race la
mieux caractérisée, la plus typique, porte le nom de
race de Guelma (fig. 25). Ces animaux sont vifs et
alertes, mais bien plus doux que les boeufs d’Europe.
Bien que varié, leur pelage est le plus souvent d’un
gris fauve, avec la tête brune, le tour des yeux et le
bout du mufle plus clairs; les yeux sont vifs, les
oreilles et les cornes petites, les fanons peu déve