
galeries, qui, dans un rayon de 8 à 10 mètres, viennent
s’ouvrir à la surface par de nombreux orifices entourés
chacun par un cratère en forme de croissant
et composé de boulettes de sable. Ces petites pelottes
de sable ont 2,5 à 4 millimètres et proviennent du
creusement des galeries et des chambres souterraines.
Cette fourmi agglutine ainsi les grains de
sable pour en faire une charge suffisante. Dans les
greniers, on trouve une grande variété de graines ;
mais dans la région du Drinn [Aristida pungens), c’est
le grain de cette Graminée qui domine.
Dans les forêts de chêne-liège, le Crematogaster
scutellaris creuse des galeries dans le liège qu’il
transforme en labyrinthe et cause des dégâts très
sérieux. Sur certains points, on observe aussi sur les
mêmes arbres une autre fourmi du genre Campono-
tus, qui niche de la même façon dans le liège et dont
les galeries sont creusées dans les parois des galeries
du Crematogaster, ce qui forme un nid double.
Le Camponotus ressemble au Crematogaster et,
grâce à ce mimétisme et à son agilité, il peut parfois
circuler sans trop de danger dans les galeries du
Crematogaster.
Les Abeilles sont en honneur chez les Indigènes
sédentaires, qui apprécient le miel et en consomment
de grandes quantités. Les ruches sont à
proximité des forêts de chêne-liège, formées par un
gros cylindre de liège mâle; dans d’autres régions,
c est une sorte de panier long en tige de férule ;
1 abeille algérienne est très active et très appréciée
des apiculteurs; le miel est variable suivant les sai-
sons et les régions, généralement parfumé ; il est,
chez les Indigènes, récolté sans soin et mal conservé.
Les Pucerons, Cochenilles et Kermès envahissent
un grand nombre de plantes spontanées et pullulent
parfois dans les cultures.
Les Aphis attaquent les fèves et d’autres Légumineuses,
les melons surtout, quand ces plantes sont
exposées à la sécheresse. Les orangers sont souvent
couverts de petites pustules noires, formées par le
Parlatoria Lucasi ; cette cochenille n ’est malheureusement
pas combattue et envahit de plus en plus les
orangeries. Les oliviers sont parfois attaqués par
différentes cochenilles (Lecanicus), qui déterminent
la production de la fumagine.
Sur les figuiers, le Céroplaste s’implante sur les
rameaux.
La vigne nourrit quelques Cochenilles et porte
parfois sur ses racines et sans en souffrir, le Rhizoecus
falcifer, qu’à un examen superficiel on pourrait confondre
avec le phylloxéra. Quelques insectes méritent
une mention spéciale, à cause des dégâts
considérables qu’ils causent dans les cultures. En
première ligne, viennent les Sauterelles, lAltise de
la vigne et un ver blanc, le Douda des Arabes.
Sauterelles. — L’Écriture sainte a vulgarisé la
notion du terrible fléau que constituent les invasions
de sauterelles, mais ce n ’est que de visu que 1 on
peut s’en faire une idée exacte.
Les insectes désignés vulgairement sous le nom de
Sauterelles se divisent en deux groupes : les Sauterelles
proprement dites ou Locustiens, caractérisées par
leurs longues antennes, l’o vis capte en forme de sabre
qui termine l’abdomen de la femelle et l’appareil
musical formé par leurs deux élytres, dont 1 une sert
d’archet et l’autre d’instrument musical; le deuxième