
varie de 6 à 14 mètres, d’après les mesures du Dp Re-
boud, est parfois ornée de quelques blocs isolés et
saillants de 1 mètre et plus de hauteur, que l’on
serait disposé à prendre pour des menhirs. Dans
beaucoup de ces dolmens, les murailles sont en totalité,
ou en partie, de vrais murs en pierres sèches,
au heu d’être formés chacun par une dalle dressée.
On remarque, sous un cromlech-tumulus, une grande
allée couverte de 5m,50 de long sur l m,20 de large.
On accède à cette allée couverte par un couloir perpendiculaire
sur son miheu. Ce cromlech a 12 mètres
de diamètre. Les monuments de Sigus sont généralement
orientés de l ’est à l’ouest. Les squelettes
sont souvent recouverts de dalles, qui ont dû les protéger
contre les fauves. C’est la même raison qui a
fait fermer entièrement les dolmens de l’Algérie. Les
dolmens de Sigus servaient encore de sépulture à
1 époque romaine, car M. Thomas y a recueilli une
monnaie de Domitien, contenue dans un vase placé
sous une double rangée de dalles. Quelques monuments
présentent un commencement de taille, entre
autres une sorte de dolmen porté sur des piliers
équarris.
Outre les nécropoles que nous venons de passer en
revue, ü en existe beaucoup d’autres dans toute l’étendue
de la province de Constantine ; telles sont celles
des Beni-Medjaled, de Bled-Guerfa, de Zoïa, du Tarf
près de La Calle, de Mengoub au sud-ouest de Biskra
Dans le bassin de l ’Oued Taga, à l’est de Lambèse’
on trouve quatre nécropoles, probablement numides,
où les dolmens sont remplacés par de petites tours’
Dans la nécropole de la Medjana, les dolmens et les
petites tours existent simultanément.
A 3 kilomètres de la ferme Markouna, aux environs
de Lambèse, se trouve un remarquable trilithe (1) à
pierres un peu équarries, placées sur un piédestal
formé de deux rangs de blocs. Ce trilithe paraît avoir
été encadré d’un parallélogramme formé d’alignements,
dont quelques rangs persistent.
Dans la province d’Alger, les principales nécropoles
mégalithiques connues sont celles du Moulin de
Djelfa, de Laghouat, d’Aïn Kerma, entre Bou Saada
et Au maie, et de Guyotville près d’Alger.
La nécropole du Mouün de Djelfa est très remarquable
par la présence de plusieurs triüthes, de
nombreux dolmens alignés en rectangle, de dolmens
accouplés, etc. Ces dolmens sont constitués par de
petites tours rondes, bien que la chambre intérieure
soit carrée. La table repose sur un mur circulaire en
pierres sèches à plusieurs assises, haut de 1 mètre
environ. Ces dolmens sont petits, parfois de grande
taille, et généralement entourés d’un cercle de
pierres plus ou moins rempli de moellons. On en a
fouillé quelques-uns, sans y trouver de cadavres.
Cependant, dans les Mahdids, des tours toutes semblables
ont donné de nombreux crânes, des anneaux
en bronze, etc. Les cromlechs sont plus élevés que
ceux du Bou Merzoug (2j.
A Guyotville, les dolmens, qui étaient au nombre
de plusieurs centaines il y a seulement quelques
années, ont presque tous disparu. Il n ’en resterait
même plus de trace, sans le professeur Kuster, qui a
acquis les derniers et les conserve religieusement. Le
■'1) Voy. Henri Martiu, Association française pour l'avancement
des sciences\ Congres d 'Alge r.
(2 ) Voy. Reboud, loco cîtato.