
Le nombre actuel des moutons indigènes est évalué
à 7 ou 8000000.
On distingue parmi nos moutons deux races :
L’une est cantonnée à l ’est sur la frontière tunisienne,
c’est la race à grosse queue ; cet appendice
peut en effet dépasser le poids de 5 kilos chez
certains sujets. Cette grosse queue est recherchée
par les Indigènes qui y trouvent une provision
de graisse. Pour l’exportation, ce mouton est peu
recherché.
Aussi l’autre race, dite à queue fine (fig. 24),-tend à
£e substituer à la racé à grosse queue ; elle présente de
grands mérites. Ce mouton est très robuste, très vif,
a les yeux grands, vifs, la tête souvent jaunâtre, le
front busqué, les oreilles horizontales, les cornes manquent
rarement, parfois deux paires se développent,
le poitrail est large, la poitrine spacieuse, la croupe
large, les membres solides et nerveux, souvent jau nâtres,
bruns ou noirs; le poids moyen brut est
d’environ 48 kilos, d’après Bernis. La qualité de la
viande varie suivant les localités; elle est excellente
et parfumée dans les stations élevées des steppes.
La laine est souvent droite et rigide, grossière,
mais il existe aussi des laines courtes et frisées ou
vrillées et des laines ondulées. On en remarque qui
sont presque aussi fines que celle des mérinos, et
d’autres qui ressemblent à du poil ou à du crin.
Ce mouton, adapté à des conditions d’existence
difficiles, présente non seulement une endurance,
une sobriété extraordinaires, mais aussi une immunité
remarquable vis-à-vis des principales maladies
infectieuses ; il est réfractaire au charbon, et la
clavelëe n ’est mortelle que pour les jeunes agneaux.
En présence d’une race présentant des variations
importantes et par consé quent des facilités pour
une amélioration par sélection, les zootecbniciens
remarquables, comme Bernis, avaient tracé la voie
qui devait être suivie pour augmenter la valeur de
ce troupeau.