
limites s’élèvent naturellement à mesure que l’on
s’avance dans le Sud. Très répandu sur le littoral, il
y occupe en général des terrains assez maigres et
ses peuplements y sont mélangés à d’autres essences.
Il n ’y forme qu’une zone très interrompue. Au contraire,
à la limite du Tell et des hauts plateaux il
forme une zone extrêmement importante et presque
ininterrompue. C’est dans cette zone que la plupart
des oueds du versant méditerranéen prennent leur
source. On le retrouve encore dans les montagnes
du sud, formant çà et là quelques forêts. Dans
l’intérieur, il se trouve souvent en alternance avec
le chêne ballote, comme sur le littoral avec le
chêne-liège. Son bois n’a guère été utilisé jusqu’à
présent. Les Arabes en tirent un peu de térébenthine
et de résine, du tanin et même, dans les moments
de disette, mangent la partie cambiale de l’écorce et
les graines. Ils l’exploitent d’une manière tout à fait
barbare, enlevant un anneau d’écorce, ce qui les
fait rapidement périr. Le sous-bois, rare dans les
forêts bien peuplées, est formé suivant les localités
par l’olivier, les Phyllireas, le lentisque, le Cistus
albidus, le romarin, les genévriers, etc.
Nulle essence ne craint plus les incendies. Chassé
parle sirocco, le feu y parcourt en peu de temps d'im-*
menses espaces, ne brûlant absolument que les
feuilles, les moindres brindilles ; les cônes eux-mêmes
restent intacts ou à peu près. Mais aucun arbre ne
survit. Si la forêt est bien gardée, le repeuplement
se fait vite. Sur bien des points cependant la forêt a
définitivement disparu, ne laissant que quelques
témoins au milieu des rares touffes de Callitris, de
genévriers, de Rhamnus oleoïdes et de romarins, com-
OXYCÈDRE ET GENÉVRIER DE PHÉNIC1E. 43
pagnons habituels du pin dans la zone voisine des
hauts plateaux.
Thuya d’Algérie. — Le Callitris quadrivalvis ou
Thuya d’Algérie accompagne fréquemment les peuplements
de pins presque partout. Parfois il devient
prépondérant et forme des peuplements assez importants,
surtout dans l’intérieur. Arbre très médiocre
comme taille, il est presque indestructible,
repoussant facilement du pied après chaque incendie. |
La souche finit par former ces belles loupes noueuses,
si richement marbrées de rouge fauve et de brun qui
en font un bois d’ébénisterie des plus précieux. On
suppose que c’était là le bois de citve, si estimé des
Romains.
Oxycèdre et Genévrier de Phénicie. — Deux
autres conifères, les Juniperus oxycedrus et phoenicea
ont à peu près la même distribution que le pin d Alep
et le Thuya.
L’Oxycèdre, qui forme par place sur les rivages
maritimes une belle variété, est assez répandu, quoique
peu abondant dans la région littorale, mais il a
tenu jadis une grande place dans le boisement des
plateaux élevés : Ben Chicao, Bordj bou Arreridj,
Ain el Hadjar, etc.; et des montagnes jusque dans
le sud : Ouarsenis, Mzi, Djebel Amour, etc. Cette
essence paraît résister admirablement au vent et
aux intempéries ; malheureusement ses boisements
ont presque tous disparu ou disparaissent rapidement,
coupés comme bois de chauffage ou distillés
pour la fabrication de l’huile de Cade; ailleurs, comme
sur le pic de l’Ouarsenis, détruits par l’incendie,
tandis que les chèvres empêchent le repeuplement.
Le Genévrier de Phénicie est aussi fort répandu