
menses surfaces pourront aussi, dans un avenir plus
ou moins éloigné, être consacrées au coton et la
France aura alors à proximité une matière première
qu’elle ne peut produire et qu’il faut aller demander
à des pays lointains.
Plantes pour la parfumerie. — La culture du
Géranium est déjà ancienne en Algérie; de grandes
distilleries, comme celles de MM. Chiris et Gros à
Boufarik, produisent plus de 2000 kilos d’essence.
L’Eucalyptus globulus est aussi depuis quelques
années recherché par les distillateurs, qui produisent
2 à 3000 kilos d’essence par an.
On distille encore une Menthe sauvage (Mentha
Pulegium) et l’on extrait le parfum de la cassie
(Acacia Farnesiana). Plus de 20 000 kilos de fleurs sont
récoltés tous les ans.
On fabrique en grande quantité de l’Eau de fleur
d’oranger ; plusieurs industriels ont tenté la production
des essences de citron, de bergamotte et de bigarrade.
L’Iris de Florence viendrait bien.
Plantes tannifères. — Les végétaux riches en
tanin abondent en Algérie. On exploite principalement
le Chêne kermès (Quercus coccifera), dont
l’écorce des racines est l’objet d’un commerce important.
Le Chêne-liège donne aussi un tanin très actif
et abondant. Cette exploitation est bmitée aux arbres,
qui dépérissent et qui sont impropres à la production
du liège. Le Chêne vert (Q. ilex) est aussi l’objet de
quelques exploitations, mais le plus souvent clandestines.
L'exploitation régulière de ces différents chênes
pourrait constituer un gros revenu ; mais l’administration
forestière, craignant des abus de la part des
exploitants, cherche le plus possible à éviter la mise
en exploitation, pour le tanin, des forêts ou broussailles
qui sont soumises au régime forestier. D’autres
végétaux sont exploités par les Indigènes pour leur
usage, tels que la partie sèche et crevassée^ de
l’écorce du Pin d’Alep, enfin les écorces des Chênes
Zen et Afarès non utilisées sont aussi riches que
celles du chêne Rouvre de France.
En dehors de cette production naturelle, beaucoup
de plantes tanifères sont susceptibles de culture en
Algérie. .
Les Wattle ou Acacia australiens ont été préconisés
depuis longtemps, on a successivement essayé les
Acacia leiophylla et cyanophylla sans beaucoup de
persévérance, puis, dans ces dernières ^années, le
Dr Bourlier s’est efforcé de fixer les règles d’une exploitation
de Y Acacia pycnantha en faisant dans les variétés
de cette Mimosée un choix judicieux de celles
qui constamment se montrent plus riches en tanin.
Le Dr Bourlier obtient en sept ans des écorces dosant
30 à 33 p. 100 de tanin et à raison de 15 à 20 tonnes
à l’hectare. L’Acacia pycnantha produit aussi une
quantité considérable de gomme médiocre.
L'Acacia decurrens est encore un bon Acacia à
tanin, mais en Algérie il paraît moins résistant
que le Pijcnantha. Des essais seraient cependant à
faire, notamment dans le littoral de l’est, à Philippeville
et à Bône.
Un autre arbre propre à effectuer des reboisements
dans les coteaux secs est le Chêne Velani (Quercus
ægilops), dont la cupule, connue sous le nom de valonees
ou gallon du Levant, riche en acide gallique,
fait l’objet d’un commerce important en Asie Mineure