
Aroïdées résistent aux labours. En général, la culture
est fatale aux plantes vivaces et favorise au
contraire les plantes annuelles.
Dès les premières pluies, outre les plantes bulbeuses
qui ont joué un rôle précurseur et qui continuent
à fleurir, tout se réveille : les plantes vivaces
se hâtent de pousser, les espaces libres se couvrent
de germinations ; en quelques jours, tout est transformé;
la terre, naguère calcinée, s’est recouverte
d’un beau tapis de verdure déjà tout émaillé de
fleurs. C'est une des caractéristiques de notre flore
d’a voir des fleurs et de belles fleurs en toute saison.
Au moment le plus désolé, tous nos ravins sont pleins
de lauriers-roses abondamment fleuris.
Cependant c’est au mois d’avril et de mai dans le
Tell inférieur, au mois de juin dans les montagnes,
que s’opère la floraison et la fructification de la
plupart des espèces. Le Tell inférieur est en avance
d’un mois environ sur la région moyenne de la
France.
Nous ne pouvons passer en revue les espèces de
la flore herbacée comme nous l’avons fait pour la
flore arbustive, leur nombre.est trop considérable.
Il est pourtant certaines plantés qui se multiplient
avec une telle profusion, qu’elles nécessitent une
mention spéciale. Telles sont, par exemple, des
espèces du genre Daucus (carottes), si abondantes en
Algérie et dont une, le Daucus aureus .couvre de ses
peuplements serrés les marnes argileuses. Cette
plante en séchant prend une teinte dorée, qui devient
celle de ces terrains fort répandus dans le Tell.
Ailleurs c’est VAmmi Visnaga, très semblable à une
carotte, qui joue le même rôle, mais qui tend à
devenir plus rare devant le développement des cultures.
Ces mêmes terres argileuses, au mois d’avril,
sont toutes bleues des fleurs du Convolvulus tricolor,
à travers lesquelles émergent ça et là de grosses
touffes d’Bedysarum flexuosum ou d’autres sainfoins
variant avec les régions. De belles Malvacées : Malope,
Lavatera trimestris, Lavatera stenopetala, Malva hispánica,
etc., y étalent aussi leurs gracieuses corolles.
D’autres plantes forment à certaines époques de
vastes tapis rouges : Fedia cornucopiæ, Hedysarum
capitatum, Silene, divers coquelicots, etc. Beaucoup de
plantes sauvages ont en Algérie une tendance'manifeste
à faire* des peuplements vastes et denses :
Ægylnps, Hordeum, Crucifères, Galaclités, Centaurées,
etc. Certaines prairies forment de véritables
nappes éblouissantes de couleur d’or, les fleurs
des Côleostephus myconis, Clausonis, etc., s’y touchant
toutes. Le Periderea fuscata, YAlyssum mari-
timum forment aussi de vastes nappes blanches.
Nous n ’avons pas le bleuet dans nos blés et la nielle
y est rare. Nos blés sont d’ailleurs envahis par une
foule d’herbes sauvages, dont quelques-unes étouffent
parfois toutes les autres et même le blé. Telles sont :
Ridolfia segetum, Gladiolus. segetum, Allium nigrum.,
Muscari comosum, Galium tricorne, Bifora testiculata,
Hypecoums, Roemeria hybrida, Ranunculus arvensis,
dans la montagne ; Saponaria vaccaria, dans la région
de Daya, etc. L’Anchusa italica et quelques autres
Borraginées, quoique moins nombreuses, jouent un
rôle peut-être encore plus néfaste dans les cultures
des céréales en nourrissant Voecidium d’une rouille
du blé.
La facilité avec laquelle poussent les plantes sau-
B a t t a n d i e r et T r a b u t . — Algérie, 4