
incendie de la forêt des Beni Sahla de Bône, on en
trouva un groupe de sept individus carbonisés. Nous
en avons vu une tête empaillée, remarquable par ses
formes trapues. Au dire de M. Letourneux, on trouverait
souvent ses bois dans l’humus des forêts de
l’Edough, où l’on ne trouve plus l ’animal lui-même.
Le daim habite la même région, mais paraît rare.
Antilope. — Les Antilopes sont bien représentées.
Les plus répandues Sont les gracieuses Gazelles, formant
deux espèces très voisines :
l°La Gazelle ordinaire (Gazella dorcas Pallas), très
répandue dans toute la région des steppes et le
Sahara.
2° La Corinne (Gazella Kevella Pallas), un peu plus
grosse et à cornes recourbées en arrière, à pelage
plus foncé. Elle se trouve surtout dans le massif du
Djebel Amour. Ces jolis animaux sont parfois l’objet
de chasses désastreuses, les commandants militaires
les faisant rabattre de loin par des tribus entières
dans la boue des Chotts, où leurs fines pattes s’empêtrent
et où on les massacre par centaines.
Bubale.— Le Bubale ou Yache de Barbarie, Beur-
el-Ouaeh des Arabes, assez fréquent dans les montagnes
et les plaines du Sud oranais, a la taille
d’un petit boeuf, le pelage roux, la tête étroite et
allongée, les cornes contournées en spirale, mais
dressées et peu écartées au sommet. Schaw et divers
auteurs ont affirmé que les jeunes bubales se
mêlaient souvent aux troupeaux de boeufs et ne voulaient
plus les quitter; ils en concluent que cet animal
serait facile à domestiquer. M. le capitaine de
Saint-Julien, qui nourrissait à Méchéria plusieurs
bubales et plusieurs addax, nous a affirmé au contraire
que le bubale était très sauvage et que 1 addax
s’apprivoisait facilement.
Addax. — L’Addax ou Meha des Arabes a à peu
près la taille du bubale ; la teinte de son pelage est
plus claire, sa tête plus courte, ses cornes en lyre
plus écartées se renversent en arrière. Comme le
bubale, il habite le Sahara et la lisière des Hauts-
Plateaux. On a encore signalé, dans 1 intérieur du
Sahara, d’âutres grandes antilopes, l’Oryx et le Nan-
guer, mais leur existence sur le territoire algérien
paraît exceptionnelle.
Mouflon. — Les Ovidés sont représentés à l’état
sauvage par le Mouflon à manchettes, 1 Arroui des
Arabes. C’est une très grande espèce (2m,10 y compris
la queue sur 0m,67 à 1 mètre de hauteur), très
répandue dans tout le Sud, de la Tunisie jusqu au
Maroc.
Mouton. — Les Moutons constituent une des principales
ressources du pays. Eux seuls peuvent utiliser
les maigres pâturages de la région des steppes. Leur
nombre sur plusieurs points est limité par le manque
d’eau, bien qu’ils puissent rester quatre jours sans
boire, ce qui leur permet de s’éloigner à deux jours
de marche des points d’eau. En outre, ces pauvres
bêtes sont souvent décimées par la bronchite vermi-
neuse, produite par un strongle dont le mode de propagation
n’est pas bien connu, mais qui doit être en
rapport avec la malpropreté de l ’eau des Redirs où les
moutons s’abreuvent. Beaucoup meurent de froid et
de misère pendant l’hiver, quand la terre est couverte
de neige, aucune installation n’existant pour les
mettre à l’abri et l’Arabe étant trop indolent pour
récolter des provisions pour les mauvais jours.