
vages est cause du peu de soin que l’on apporte dans
le Tell inférieur à l’établissement des prairies ; on se
borne à laisser dê temps à autre la terre en jachère.
Elle se couvre rapidement de fourrages grossiers,
mais variés et souvent d’assez bonne qualité. Les
Légumineuses y abondent : trèfles, luzernes, méli-
lols, vesces, lotiers, chenillettes, sainfoins, etc. Parfois
des crucifères prennent le dessus, et donnent un
produit médiocre. Il arrive aussi que la folle avoine
s’empare si bien d’un terrain que l’on jurerait avoir
affaire à une culture des mieux soignées. Souvent
dans les plaines humides, comme la Mitidja, le blé
est pourri par les eaux, il lui succède alors une excellente
récolte de fourrage.
Le Cynara Cardunculus; ancêtre du cardon et de
l’artichaut, est extrêmement répandu en Algérie ety
caractérise les bonnes terres de culture. Plus il
prend de développement, plus le sol est riche. Dans
les Mouïas, près de Constantine, il devient gigantesque,
chaque pied formant une demi-sphère de
2 à 3 mètres de diamètre et même davantage. Ce
sont ces terres, très mal cultivées aujourd’hui par les
Arabes et pleines de ruines romaines, qui durent
jadis donner à l’Algérie son renom de fertilité exubérante.
Les plateaux sétifiens sont caractérisés par une
plante très spéciale d’un type oriental, l’Othonnopsis
Cheirifolia, ayant un peu le faciès d’un souci.
Quelques autres plantes assez caractéristiques et
qui se font en outre remarquer par leur taille élevée,
appartiennent surtout à la famille des ombellifères :
Thapsia, Cachrys, Ferules, Fenouil, etc., et aux Car-
duacées : Cirsium giganteum, C. Kirbense, Galactites,
Sylibum Marianum et ebuvneum, onopordes, etc.
La flore herbacée de l’Algérie comprend deux
flores principales bien distinctes : une flore déser-
tico-orientale et une flore méditerranéenne, contenant
l’une et l’autre environ un quart d’espèces spéciales
au pays.
La flore désertique occupe de vastes étendues,
mais est peu riche en espèces, environ 500 d’après
les évaluations des botanistes les plus recomman-
dables. Elle règne dans le désert, s’avance sur une
partie de la région des steppes, s’infiltre par certaines
vallées, comme les Bibans, jusque dans le
Tell. Un Aristida d’un groupe désertique, A. plumosa,
est abondant dans le ht de l’oued Sahel, au pied de
la grande muraille kabyle. Dans la province d’Oran,
cette flore envoie une puissante colonie jusqu’aubord
de la mer, et même au delà j usqu’en Espagne. Quelques-
uns de ses représentants se retrouvent en France ou
en Italie, sans avoir pu se maintenir dans le nord de
l’Algérie : Reaumuria vermiculala, Medicago laciniata,
Lathyrus ciliatus, Galium ephedroides, Peganum Har-
mala, Silene conica, Orobanche cernua, Sideritis
montana, etc. De son côté, la flore méditerranéenne a
pénétré fort avant dans le sud. Sans compter les
plantes rudérales qui suivent l’homme partout, on
trouve dans le désert toute une série de plantes du
Tell, les unes psammophiles, comme YOrlayama-
ritima, d’autres aquatiques ou simplement très rustiques,
comme le chiendent pied-de-poule, le Con-
volvulus arvensis, le Linaria reflexa, YErodium laci-
niatum, etc.
La flore des steppes, bien qu’ayant en propre un
certain nombre d’espèces comme l’alfa, YArtemisia