
Aujourd’hui, les puisatiers indigènes (Hetassa) ont
disparu devant nos puissants appareils de forage qui
ont déjà fait des merveilles et rendront peut-être au
Sahara, dans un avenir peu éloigné, son antique prospérité.
L’eau, si précieuse, est partagée et mesurée avec
le pluà grand soin. Ces partages, néanmoins, sont
la source de nombreuses querelles et même de petites
guerres. Dans les Zibans, où l’eau canalisée
arrive par les Seguias (canaux), les jours d’arrosage
et les quantités d’eau sont réglées par une sorte de
syndicat. La mesure se fait au moyen d’un tronc
de palmier couché en travers du canal sur un petit
barrage. Ce tronc porte des échancrures égales au
diamètre transversal de la main avec le pouce
redressé, ce qui équivaut à un demi-pied. L’eau qui
passe par une de ces échancrures représente une
part.
Le Dattier (Phoenix dactglifera) est l’arbre par excellence
du désert(fig; 14). Depuis la plus haute antiquité,
il est connu dans cette vaste zone presque privée de
pluies qui s’étend de l’océap. Antiantique presque
jusqu’à la vallée de l’Indus. Comme pour beaucoup
de plantes anciennement cultivées, il est fort difficile
de lui trouver un ancêtre parmi ses congénères
sauvages.
Il exige, pour m ûrir convenablement ses fruits, des
températures extrêmes de 45 à 48°, pendant l’été.
Dans les oasis, le dattier est cultivé non seulement
pour l’abondance et la variété de ses produits; mais
aussi pour son ombrage tutélaire, qui permet la culture
des plantes les plus variées et les plus utiles.
Les conditions qui paraissent le plus nécessaires au
OASIS. 171
développement du dattier sont une grande somme de
chaleur pendant un été sans pluie, et une grande
humidité du sol ; les Arabes disent : « la tête dans le
Fig. 14. — Dattier.
feu, les pieds dans l’eau ». Ces conditions sont pai
fois réalisées en dehors delà zone désertique ; à Elche
(Espagne), aux Algarves, le dattier donne des fruits