
totalement les récoltes et pourrait même faire périr
la Vigne. Parfois d’immenses vols viennent s’abattre
sur les vignobles les mieux tenus et réduire à néant
les efforts des viticulteurs. Aussi les pouvoirs publics,
se sont-ils préoccupés de rendre l’échenillage obligatoire,
mais, dans la pratique, ce n ’est point facile.
Certaines municipalités ont établi des primes pour
destruction de ces insectes. Lorsque la Vigne perd
ses feuilles, l’Altise cherche des abris. Elle paraît
craindre le froid et la pluie, elle se cache sous les
Fig. 31. — Dacus de l’Olivier.
broussailles, sous les tas d’herbe, sous l’écorce des
arbres. On profité de cette disposition pour lui
offrir des abris trompeurs, sous lesquels on la brûlera
1 hiver. Une loi prescrit la destruction des broussailles
à 50 mètres des Vignes.
L’Altise paraît avoir été importée en Algérie, car
certains vignobles et des régions entières en sont
encore indemnes, mais elle envahit rapidement.
L’Altise a pour ennemis : l°u n e Punaise de même
couleur qu’elle, qui perce ses larves et suce leur contenu;
2° un hyménoptère de la famille des Braconides,
le Perilitusbrevicollis, qui pond ses oeufs un à un dans
chaque larve d Altise. A l’oeuf succède une larve para-*
site, qui détruit sa nourrice, la larve de l’Altise. Cet
insecte n ’a pas été retrouvé, il est malheureusement
rare. Les Crapauds mangent aussi un certain nombre
d’Altises, mais ce secours est peu appréciable. Enfin
un lsaria, introduit récemment, se développe pendant
l’hiver sur les Altises et a pu à Tlemcen détruire
toute la génération qui devait passer l’hiver
cachée dans les abris les plus variés.
Les oliviers sont sur certains points attaqués par le
Dacus oleæ (fig. 31), qui pond ses oeufs dans les jeunes
olives.
Ver blanc. — C’est un ennemi redoutable des cultivateurs
installés dans le haut Tell surtout ; ce Ver
n ’est pas, comme en France, la larve du Hanneton,mais
celle d’ùn coléoptère appartenant au même groupe,
le Rhizolrogue. Les Rhizotrogues ont une couleur
marron foncé, sont plus petits que le Hanneton et ne
portent pas d’appendice sur le dernier anneau de
l’abdomen. En été, on les voit, le soir, voler par nuées
au-dessus des champs. Ace moment, les terres argileuses,
qu’ils affectionnent, sont crevassées et offrent
des voies nombreuses de pénétration pour les femelles,
qui vont pondre dans la terre les oeufs qui deviendront
la terrible larve que les Arabes appellent Douda.
Ces larves rongent toutes les racines et, dans les
territoires infestés, on voit d’immenses taches ayant
parfois plusieurs hectares où toute végétation a disparu.
Ces taches vont s’agrandissant à mesure que
les Vers étendent leurs ravages en s’éloignant du
centre. Les Indigènes sèment une deuxième et même
une troisième fois ces surfaces dénudées. Souvent
.les dégâts sont plus tardifs et il est impossible de
jeter encore de la semence avec quelque chance de
Ba t t a n d ie r et T r a b u t . — Algérie. 20