
tières. Il peut descendre assez bas à l’état spora-
dique, mais ce n ’est guère qu’à une altitude de 1000
à 1800 mètres qu’il forme de beaux peuplements
serrés et réguliers mêlés çà et là de cerisiers, d’érables,
etc. A son contact avec les lièges, vers sa
limite inférieure, il s’hybride parfois avec eux. Les
principaux ténements de Zen se trouvent en Kabylie
et dans les Babors. Les forêts de Yacouren et de
Guerrouch sont surtout remarquables. Cette dernière,
qui constitue un ténement de 40 000 hectares, présente
d’immenses boisements d’une régularité parfaite,
formés d’arbres très droits de 15 à 20 mètres de haut.
Dans ces forêts, que l’homme trouble rarement par
sa présence, les singes et les sangliers abondent.
On y entend de tous côtés le chant des ramiers, du
coucou et des geais. Les sous-bois y sont plantureux,
les clairières forment de grasses prairies et les
ruisseaux coulent à pleins bords. On ne trouve rien
de plus frais, ni de plus plantureux dans le nord de
la France. Dans les forêts de Tlemcen, le Zen joue
aussi un certain rôle, mais il y constitue une variété
à feuilles plus petites et moins caduques. Le tronc
du Zen peut atteindre 10 mètres de circonférence,
mais il est alors généralement creux.
Yers 2 800 mètres, le chêne Zen est lui-même remplacé
par un autre chêne à feuilles caduques, le
chêne à feuilles de châtaignier (Afarès des Kabyles),
qui couronne les crêtes de la Kabylie orientale et des
Babors.
Le bois de ces deux chênes pourrait être utilisé,
il est plus dur et un peu plus difficile à travailler que
le chêne ordinaire, on le dit supérieur pour conserver
les eaux-de-vie. La forêt de Guerrouch avait été
mise en exploitation avant 1870; des routes nombreuses
y avaient été ouvertes, des coupes importantes
avaient été opérées et le bois équarri. Cette
exploitation, suspendue par la guerre, ne fut jamais
reprise. Les bois coupés sont restés en place, et,
après plus de vingt-cinq ans, nous les avons trouvés
encore très sains à 1 ou 2 centimètres de profondeux.
Les ténements rasés à cette époque ne se sont guère
repeuplés.
Chêne-liège. — Le plus important de nos- chênes
est sans contredit le Chêne-liège, une des espèces les
Fig. 2. — Distribution du chêne-liège.
plus caractéristiques de la région méditerranéenne
occidentale. Cet arbre nettement silicicole, exige en
outre un certain degré d’humidite et craint les froids
excessifs. Dans le midi de la France, il s arrête vers
600 mètres d’altitude. En Algérie, ü monte jusque
vers 1300 mètres. Comme il exige un climat assez
humide, il est fort rare sur le littoral oranais (fig. 2)
où il ne forme guère que la forêt de Bou Sfer. Ce n ’est
que vers Tlemcen et Mascara qu’il trouve des pluies
suffisantes. Sur le littoral de la province d’Alger, il
habite surtout des terrains sableux, reposant sur un
fond d’argile imperméable, où règne une nappe aqui