
Herba-Alba, etc ., est surtout un mélange des flores
désertique et méditerranéenne.
La flore méditerranéenne varie beaucoup suivant
l’altitude, la latitude, la longitude, la nature
du sol et surtout le plus ou moins d’humidité^
On trouve sur nos hauts sommets quelques vestiges
d’une flore alpine qui a dû y régner pendant
la période glaciaire. Le type le plus apparent, sinon
le plus remarquable est le sapin des Babors, Abies
numidica Delannoy, qui n ’existe plus que sur quelques
points de ces montagnes; des graminées nettement
alpines, comme Colobachne Gerardi, Festuca frígida,
Poa Djurdjuræ, nemoralis, flaccidula, etc. Un Ranunculus
très voisin du R. Villarsii couronne nos plus
hauts sommets, un autre de la section leucoranun-
culus, dont les autres représentants habitent les glaciers
de l’Europe, se retrouve encére quelquefois
dans quelques prairies froides et humides à Terni,
au-dessus de Tlemcen et au Djebel Ouach, près de
Constantine. On peut joindre à celte liste : Erodiurn
Cheilanthifolium, Astragalus depressus, Cenlranthus
nevadensis, Berberís Hispánica, Sedum majellense,
Ononis cenisia, etc. Chose curieuse, le Centranthus
nevadensis, au lieu de se trouver sur un sommet
élevé, se trouve dans une étroite vallée toujours
fraîche et humide. L'Erodiurn Cheilanthifolium Bois-
sier se trouve au sommet de Lella Khadidja et sur
une montagne peu élevée, dans la région des steppes,
l’Antar, près Méchéria, et il y est particulièrement
vigoureux.
Avec ces plantes se trouvent quelques types subalpins,
Ranunculus millefoliatus, Arabis albida,Helian-
themum canum, Cerastium Boissieri, Arenaria grandiflora,
Ononis aragonensis, Ononis fruticosa, Vicia
glauca, Rosa montana, Potentilla càulescens, Rham-
nus alpina, Sedum nevadense, Bunium alpinum, B.
Macuca, Gaya pyrenaica, Ribes petræum, Centranthus
angustifolius, Lonicera arborea, Scorzonera pygmæa,
Erinvs alpinus, etc.
Tout cet ensemble a un cachet alpin peu en rapport
assurément avec la flore actuelle de nos sommets,
ce sont bien là les ruines d’une ancienne
flore disparue. Ce qui le démontre, c’est que ces-
quelques épaves se trouvent noyées au milieu
d’espèces vulgaires d’Europe, devenues ici tout aussi
alpines ou plutôt tout aussi atlantiques qu’elles :
Chelidonium majus, Aquilegia vulgaris, Tussilago
far far a, etc. Certaines de ces espèces, vrais fossiles
vivants, n ’existent que dans une seule station.
Ce sont bien là les trainards d’une flore en fuite vers
le nord. Certains de ses représentants n ’existent
même plus dans le midi de la France ou y sont relégués
sur les montagnes.
On trouve de ces trainards isolés un peu partout :
YËrinus alpinus, le Sedum majellense, le Potentilla
càulescens, le Scleranthus annuus, YHypericum hirsu-
tum, etc., ne se trouvent que sur un ou deux points
du Djurdjura; VHerniaria incana, sur le sommet du
Rouis dans la province de Constantine ; le Thymus
Serpillum ou une espèce très voisine, surleD ré a te t
le Dira, etc. Ailleurs ce sont les marais qui en recèlent
plusieurs : le Lysimachia vulgaris à Boufarick,
Y GEnanthe Lachenalii, à la Rassauta, près Alger, le
Salsola Tragus, près de Bône et au Khreider. Une
station bizarre, c’est celle du Trisetum Gaudinianum,
espèce du Valais et de la Sierra Nevada, qui se