
diminue de taille. Dans le Sahara, elle est bien plus
petite et sa couleur tend vers la teinte isabelle,
caractéristique des animaux de cette région.
La Caille est aussi abondante ; elle arrive en mars
pour repartir en septembre.
Le groupe des Gangas compte quatre espèces,
deux Pterocles et d e u Pteroclurus ou Catas.
De ces quatre espèces, deux ne se trouvent que
dans l’extrême Sud, ce sont le Pterocles coronatus ou
Ganga couronné, et le Pteroclurus senegalus ou Cata
du Sénégal, la Géünotte du Sénégal de Buffon. Les
deux autres espèces, quoique désertiques aussi,
s’avancent dans toute la région des steppes et dans
les plaines du Chebf et de l’Habra. Ce sont le Ganga
unibande, Pterocles arenarius, Perdrix du désert des
Européens, El Koudry des Arabes, qui vient jusque
sur le littoral ; et le Cata vulgaire, Pteroclurus
alchata, El Geitha des Arabes, Perdrix anglaise des
Algériens. Ces deux espèces sont communes dans le
désert et les steppes. On les trouve parfois, surtout
le Cata, en bandes innombrables. Près de Méchéria,
nous avons vu sur d’immenses étendues le sol couvert
de leurs déjections. Si l’on considère que ces
oiseaux sont friands d’insectes, qu’ils vivent dans
des contrées couvertes d’acridiens, on ne saurait
trop regretter de les voir détruire en masse, comme
on le\fait. Lors de notre dernier passage à Méchéria,
un industriel était en train de remplir une commande
de 25 000 paires d’ailes de Ganga pour une maison
de modes, à raison de 25 centimes la paire. Les
Gangas sont pourtant méfiants et volent bien, mais
dans ces régions désertiques, quand les redirs sont
a sec, ils sont bien obbgés de venir boire aux rares
points d’eau qui existent et où on les attend pour
les massacrer. On en tue ainsi des quantités invraisemblables
aux barrages de Laghouat, dOrléans-
ville, etc., souvent pour l’unique plaisir de tuer, car
la chair noire du Ganga est peu appréciée; celle des
jeunes n ’est pourtant pas mauvaise. Ces animaux
s’apprivoisent bien.
La Caille bédouine, Turnix sylvatica, Semmama
des Arabes, est fort répandue, surtout dans les
plaines voisines du littoral. La femelle est plus
grande que le mâle et a de plus belles couleurs,
chose tout à fait exceptionnelle chez les oiseaux.
Elle est sédentaire. Poursuivie par les chiens, elle se
blottit dans les broussailles et refuse obstinément
de se lever.
Autruche. — L’Autruche ne se trouve plus aujourd’hui
que dans les parties les plus arides et les plus
reculées du Sahara, où elle dut être fréquente à une
époque relativement récente, étant donnés les nombreux
débris d’oeufs que l’on y rencontre. On a beaucoup
essayé, depuis quelques années, l’élevage des
autruches dans le Tell: au Mazafran, à Kouba, au
Jardin d’essais, etc. Ces essais n’ont guère donné de
résultats pratiques.
Échassiers. — Dans cet ordre, nous trouvons
d’abord le groupe remarquable des Outardes, abondamment
représenté. L’Outarde barbue, Otis tarda
devenue rare ; la Canepetière ou Poule de Car-
thage, Telrax campestris, assez commune ; la belle
Outarde Houbara, spéciale à l’Algérie et surtout
saharienne, et enfin Y Otis Arabs, également spéciale
à l’Afrique, mais dont l’aire s’étend de l’Arabie au
Sénégal.