
rostrata, qui a la résistance du Red-Gum ou rostrata,
mais un feuillage plus ample et une meilleure tenue.
Ces hybrides sont fertiles, les nombreuses variations
qui se produiront par ces croisements faciliteront
probablement l’adaptation de quelques
bonnes races sur le bttoral algérien.
On ne peut encore préciser les usages du bois des
différents Eucalyptus introduits en Algérie. L’expérience
sera longue, car beaucoup d’espèces ne sont
représentées que par un petit nombre de spécimens.
Le Red-Gum (Æ1. rostrata), qui est actuellement préféré
au globulus, est estimé comme bois, en Austrabe,
où on l’emploie couramment pour le charronnage, le
pavage, les pilotis, les poteaux. Sir Richard Speight,
président de la commission des chemins de fer, a éta-
bb que le bois de Red-Gum, de même que celui des
Eucalyptus hemiphloia et leucoxylon ont été trouvés
les meilleurs pour les travaux de chemins de fer.
Parmi les espèces d’un véritable intérêt pour l’Algérie,
il convient de citer E. cornuta, E . viminalis,
E. leucoxylon. E . gomphocephala, E . diversicolor ou
colossea, E . corynocalyx, E . rudis, E , amygdalina,
E . polyanthema, E . maculata.
Les différents Eucalyptus ont tous quelques mérites
qui les rendent utiles dans une exploitation rurale;
quelques-uns pourraient fournir des traverses de chemin
de fer, des poteaux télégraphiques et des pavés
en bois, Les Eucalyptus sont très florifères et contribuent
pour une large part à l’entretien des ruchers
pendant les saisons pauvres en fleurs.
La distillation des feuilles d'Eucalyptus globulus a
pris une assez grande importance depuis quelques
années et un des premiers massifs plantés par M. Trottier
abmente au Fondouk une distillerie qui produit
de 20 à 40 btres d’essence par jour.
\u point de vue de l’hygiène, les bouquets d E u calyptus
autour des fermes tempèrent la chaleur,
donnent un abri précieux aux gens et aux bêtes un
rideau d’Eu ca lyp tu s placé entre un foyer de malaria
et des habitations peut aussi s’opposer à la diffusion
du poison tellurique. L'Eucalyptus a donc contribue
à l’assainissement des territoires colonisés.
Champignons. - Dans le Tell, la flore mycolo-
gique ne présente pas un caractère bien particulier ; ce
sont les espèces de l’Europe qui dominent; les especes
comestibles et vénéneuses sont les mêmes que dans
le midi de la France. Sur les marchés, on trouve, en
abondance l’Agaric champêtre et quelques formes
voisines : le Lactaire déhcieux ou Sanguin, le Pleurote
de la Férule qui est identique à l’Oreille de chardon, la
grande Lépiote, enfin plus rarement l’Oronge ovoïde,
quelques Tricholoma, le Bolet granulé, le Cep,
l’Hydne, quelques Clavaires.
Les empoisonnements, qui ne sont pas très rares,
sont causés par les Ammanites phalloïde et bulbeuse.
Ces deux espèces, assez fréquentes dans les stations
fraîches, sont confondues avec l’Ammanite ovoïde.
Dans les steppes à Hébanthèmes qui s’étendent
jusque dans le Sahara, les Indigènes récoltent en
abondance les Terfès, sorte de grosses truffes qui
entrent couramment pour une part importante dans
l’abmentation des Nomades.
Ces truffes, bien étudiées dans'ces derniers temps
par M. A. Chatin (1), appartiennent à deux genres,
(1) A. Chatin, La truffe, Botanique de la truffe et des plantes
truffières. Paris, 1892.