
eux. Leurs enfants ne diffèrent en rien des autres
Kabyles. La race est donc très mêlée dans ces agglomérations
; la langue berbère y a elle-même subi
bien des atteintes ; l’écriture berbère n’y est plus
connue et reste l’apanage des Touaregs.
Les Kabyles habitent des villages en pierres,
perchés sur les sommets des contreforts du Djurd-
jura et de 1 Aurès et admirablement disposés pour la
défense (fig. 20). Ils sont bons cultivateurs, commerçants
et industrieux. Ils s’expatrient facilement
pour aller au loin faire les travaux de la vigne, la
moisson, etc. Vivant de peu, ils rapportent dans leurs
montagnes la plus grande partie de leurs salaires.
Ce sont les Auvergnats de l’Algérie.
Rien de plus curieux que de voir les innombrables
et populeux villages qui couvrent les crêtes du Djurd-
jura et font de ce pays de précipices escarpés une
terre aussi peuplée que les Flandres. Ce sont de pauvres
villages formés de maisonnettes toutes semblables,
construites en pierres sèches le plus souvent
et sans le secours du cordeau (fig. 21), Dans les gros
villages, on aperçoit parfois le minaret d’une mosquée.
Certains sont entourés d’une muraille percée
de quelques portes. Aux abords, on voit des moulins
à huile rudimentaires.
La maison kabyle ressemblerait assez bien aux
pauvres masures des montagnards cévenols sans un
détail typique : elle n ’a point de cheminée. Au
-milieu de la salle principale, souvent unique, se
trouve un trou creusé en terre, « le canon », qui sert
de foyer. La fumée cherche sa voie, comme elle peut,
à travers les interstices du toit. Dans cette salle, pas
de meubles meublants, sauf des tapis et des nattes