
variable ne dépassant guère une trentaine de mètres,
un cordon de dépôts littoraux marins horizontaux
représente le quaternaire. Ces anciennes plages
emergées ont conservé des coquilles d’espèces vivant
encore pour la plupart dans la mer voisine; les Pec-
toncles y forment de véritables bancs ; mais on y a
aussi trouvé un gros Strombe, disparu de la Méditerranée
(Strombus mediterráneas), un Cône rappelant le
tonus ponderosas du Miocène, le Nassa gibbosula, qui
ne se retrouve plus aujourd’hui que dans le bassin
oriental de la Méditerranée, des molaires d’un Éléphant
différent, d’après M. Pomel, de YE. aniiquus.
Ces couches marines sontpostérieures aux premiers
grands dépôts quaternaires; sur les côtes de Tunisie,
on observe plusieurs exemples de superposition
directe (Pomel).
Dans beaucoup de localités, des sables agglutinés
en grès calcareux surmontent ces couches marines
et ne contiennent plus que des fossiles terrestres ;
ces dépôts sont désignés sous le nom degrés à hélices
et appartiennent à la même formation que les grès
et calcaires à Pectoncles qu’ils surmontent ; ils représentent
les dunes consolidées des anciennes plages.
Quaternaire récent. —Dans cette seconde période,
M. Pomel fait rentrer les limons plus ou moins stratifiés
qui forment le sol des vallées souvent en contrebas
des terrasses du Quaternaire ancien. Dans ces
dépôts^ on a trouvé des débris de Y Elephas africanas,
du grand Buffle (Bubalus antiquus), Bos primigenias
mauritaniens, Antilope Bubalus, Equus africanus
(Cheval barbe), Asinus atlanticus, Sanglier Au-
truche.
Les terres rouges des coteaux appartiennent aussi
à cette époque, le remplissage des grottes préhistoriques,
comme celles du Grand Rocher, de la Pointe
Pescade, serait ainsi contemporain des limons à Ele-
phas africanus ; dans ces grottes, avec des débris de
poterie, on a observé Elephas africanus, Hyæna spe-
læa, Phacochère, Antilope.
D’autres stations préhistoriques paraissent un peu
plus anciennes, elles sont constituées par des dépôts
de sable, dans le voisinage de sources, à Palikao
près Mascara et sur le littoral, à Aboukir. M. Pomel
a pu recueillir une grande quantité d’ossements
d'Elephas atlanticus Pomel, intermédiaire entre
YE. africanus ei E. meridionalis, Elephas sp. petit,
voisin de YE. melitensis, Bippopotamus, Sus scro-
pha, Camelus Thomasii, Bubalus aniiquus, Rhinocéros
mauritanicus Pom., Equus mauritanicus Pom.,
Urjæna spelxa. On a également découvert, dans les
mêmes stations, quelques outils de forme tout à fait
primitive, éclats de galets en grès quartziteux ou
petits éclats de silex.
Dans le Sahara, dans des fonds d’anciens Chotts
ou Sebkha, on trouve des dépôts gypseux, postérieurs
aux quaternaires anciens des Hamada et remarquables
par la présence du Cardiumedule, d’abord
mêlé avec des espèces lacustres, puis restant seul et
finissant par disparaître, indiquant ainsi les différentes
phases de l’instauration du régime saharien.
Ce terrain à Cardium edule aune composition variable.
On y trouve des poudingues, des sables, des grès,
des argiles, le tout chargé de gypse.
Les grandes dunes du Sahara appartiennent à
l’époque quaternaire et à l’époque actuelle, elles
sonttoujours superposées aux formations précédentes