
1H1 HIi a!
20 LE TELL.
lieux frais des montagnes et du Sahel. C’est plutôt
un arbre forestier qu’une broussaille.
L’Erica arborea, grande bruyère arborescente,
joue aussi un rôle important dans la formation des
broussailles. Son tronc acquiert dans les bons terrains
la grosseur de la cuisse. 11 est remplacé
dans l’Est par YErica scoparia. Une bruyère plus
modeste, YErica multiflora, et l’arbousier sont aussi
très répandus.
Toutes ces broussailles poussent généralement
pêle-mêle avec beaucoup d’autres essences, en première
ligne desquelles il faut citer le Calycolonie spi-
nosa, remplacé dans une partie de la province d’Oran
par le Calycotome intermedia et dans celle de Cons-
tantine par le C. villosa. Divers genêts, variant avec
les régions, sont aussi très abondants. Les Légumineuses
sont encore représentées par des Coronilles,
le Baguenaudier, l’Anagyre, le Psoralea bitumi-
nosa, etc. Les Rosacées par le Rubus discolor, les
Cratoegus oxyacantha et Azarollus, le Prunus insititia,
le Rosa sempervirens, etc. Citons encore les Rhamnus
alaternus et oleoides, le Jasminum fruticans, le
Lonicera implexa, le câprier, les Lavalera olbia et
mariiima, le Daphne gnidium. A Oran, on trouve
abondamment sur certains points le Wilhania fru-
tescens et le Rhus pentaphylla, dont l’écorce et les
feuilles sont utilisées par les Arabes pour le tannage
et la teinture en rouge des cuirs.
A ces broussailles, surtout lorsqu’elles sont élevées,
s’entremêlent des lianes. Nous citerons en
première ligne la vigne, certainement indigène et
que M. Pomel a retrouvée dans les travertins quaternaires
de Miliana. Elle est partout où la fraîcheur
est suffisante, depuis le bord de la mer, jusque dans
les montagnes élevées ; elle y grimpe sur les plus
grands arbres et donne de petits raisins acidulés. Le
lierre doit être cité ensuite. Le lierre d’Algérie constitue
une belle variété à feuilles grandes et peu
lobées. Citons encore le Smilax aspera, le Clematis
cirrhosa, le Rosa sempervirens, Y Aristolochia altissima,
le Lonicera biflora dans la province d’Oran et une
très rare, mais très curieuse liane, le Vicia altissima
de Desfontaines, qui, au cap Aokas, couvre de ses
: grappes bleuâtres les broussailles les plus élevées.
L'Ephedra altissima et Y Ephedra fragilis peuvent
[ aussi être comptés comme des lianes. Diverses herbes
[ grimpantes : Calystegia soepium,Tamus commuais,etc.,
i se joignent à elles pour former d’épais berceaux de
[verdure.
Les genévriers et le thuya d Algérie sont aussi
d’importantes broussailles ; nous y reviendrons à
propos des forêts.
Une autre classe de broussailles, les broussailles
: sous-frutescentes, est représentée en première
ligne par les Cistes, et les Hélianthèmes. Les Cistes
forment souvent à eux seuls des broussailles étendues,
glutineuses et denses. Le plus souvent ils gar-
s nissent les clairières des forêts qu ils égaient de
leurs belles fleurs, mais, presque secs à la fin de 1 été,
! ils servent trop souvent à propager les incendies.
Parallèlement aux cistes viennent quelques plan- I tes de même consistance '. les Lavandula Stcechas
I et dentala, le romarin, qui forment aussi à eux I seuls des broussailles, le Prasium majus, le Jeu-
! crium fruticans, le Passerina hirsuta, divers Asparagus,
le Pulicaria viscosa, Y Artemisia arbores