
mètres, qu’ils ne recouvrent que pendant les grandes
crues et qui sont souvent à sec l’été. Le plus souvent
on y voit serpenter à travers les sables et les graviers
quelques minces rubans liquides capricieusement
divisés et anastomosés. Près de la mer, leur
cours se régularise souvent. Ils forment alors une
nappe liquide plus ou moins large, généralement
assez profonde, limitée par des parois abruptes. La
Seybouse passe pour navigable, ce qui est un peu
prétentieux. Près d’Alger, l’Harrach et le Mazafran
portent quelques canots. Cette régularité et cette
profondeur d’eau tiennent à ce fait qu’une barre
marine ferme leur embouchure, ralentit leur cours
et force leurs eaux à refluer. C’est à peine si elles
peuvent en rampant le long de celte barre s’y creuser
un chenal de déversement.
Dans la région très boisée de l’est, les cours d’eau
sont moins torrentueux, plus réguliers et plus semblables
à ceux d’Europe.
Lacs. — Les lacs sont peu nombreux dans le Tell.
Tous ceux qui ont pu exister autrefois ont été
comblés par les puissantes alluvions quaternaires
et forment maintenant des plaines, où quelques
points seulement ont résisté à ce colmatage et constituent
encore des lacs marécageux temporaires ou
en partie permanents, comme le Fezzara, dans la
région de Bône, et le lac Halloula dans la Mitidja.
Lors de la conquête, toutes les plaines étaient marécageuses.
Dans la province d’Oran, où il tombe peu
d’eau, il existe un véritable chott littoral, la Sebka
de Miserghin, et quelques autres lagunes salées de
faible étendue. Près de La Calle, au contraire, on
trouve trois lacs profonds et à niveau sensiblement
constant. Ajoutons quelques étangs montagnards,
pompeusement dénommés lacs : Mouzaia, Tames-
guida dans les Babors et les quelques mares du
Djurdjura.
Climat. — Le climat du Tell est surtout caractérisé
par le régime des pluies qui y divise l’année
en saison pluvieuse et en saison sèche. Les pluies
qui coïncident en général avec les tempêtes de la
Méditerranée sont le plus souvent amenées par le
vent du nord-ouest. Elles commencent à la fin de
l’été, tantôt aux derniers jours de septembre, tantôt
en octobre ou novembre seulement. Elles finissent
d’ordinaire en mai, parfois en juin. Pendant la saison
sèche, c’est à peine si, de temps à autre, on
observe quelque légère ondée dans le Tell inférieur.
Sur les montagnes, il tombe parfois des pluies
d’orage, assez faibles d’ailleurs. Même pendant la
saison pluvieuse, il n ’est point rare de voir le ciel se
maintenir pur quinze jours ou un mois de suite, en
décembre et en janvier par exemple, avec une température
assez élevée (20 ou 25° à midi). Ces phénomènes
très appréciés des hiverneurs se produisent
surtout pendant les années de sécheresse.
C’est le Sahara qui est la principale cause de la
saison sèche. En effet, les vents qui en viennent sont
secs et brûlants; ceux au contraire qui soufflent
du nord au sud, vers des climats de plus en plus
chauds, fussent-ils saturés d’humidité à leur arrivée
en Algérie, s’éloignent de leur point de saturation à
mesure qu’ils s’avancent et qu’ils s’échauffent.
L’air du Tell inférieur, saturé de vapeur d’eau au
contact de la Méditerranée, est, au moins sur le littoral,
très humide pendant la saison sèche. Les brouil