
CHAPITRE II
LE T E L L
Montagnes. — Le Tell, région essentiellement
montagneuse, ne forme qu’une longue chaîne parallèle
à la mer et diversement découpée et ramifiée.
La plupart de ses reliefs et des plaines qu’ils enserrent
sont orientés comme la chaîne principale. La
ligne de partage des eaux est assez éloignée de la
mer ; elle commence vers la frontière marocaine par
le massif tlemcenien, dont le pic le plus élevé, le
Tenouchfi, a 1 842 mètres et dont plusieurs autres
dépassent 1500 mètres. Ces monts de Tlemcen ont en
général leurs parties abruptes tournées vers la Méditerranée,
tandis que la face sud s’incline lentement
vers la région des steppes. Aussi ce versant nord,
où coulent de nombreuses sources et même de puissantes
cascades, comme celles de Tlemcen, est-il
d’une remarquable fraîcheur. On y trouve de belles
forêts de chênes et de pins. Ce massif est continué
régulièrement par les montagnes de Tiaret, de
Teniet et de Boghar, qui se maintiennent à peu près
dans les mêmes altitudes, flanquées vers Orléansville
par la belle pyramide calcaire de l’Ouarsenis qui
atteint près de 2000 mètres. Entre Boghar et Blida
se trouve une série de chaînes parallèles à la
direction générale. Ce sont les monts du Titteri,
comprenant les monts de Boghar, les monts de
Médea, les Beni Sahla de Blida. Ces montagnes, qui
dépassent souvent 1600 mètres, semblent être le
véritable noeud orographique de la région. Elles se
relient d’nne part, par le seuil d’Adelia, avec les deux
Zaccars et le grand massif côtier du Dahra ; d’autre
part, par le Bou Zegza et le Tigremount, avec la
grande chaîne kabyle, et enfin, en arrière, avec la
ligne de partage des eaux, qui sera loin désormais
d’être la plus élevée et qui comprend le Dira, les
Mahdids, les Bibans, les monts de Constantine, etc.
Cette chaîne s’anastomose elle-même avec l’Aurès.
Entre cette ligne faîtière et la mer s’étendent des
terrains variés : de grandes plaines parallèles à la
mer, comme la Mitidja et la plaine du Chélif, des
vallées le plus souvent perpendiculaires à la direction
des plaines et des montagnes ; un cordon littoral,
commençant par la chaîne des Traras et se continuant
par les montagnes d’Oran, du Dahra et le
Sahel d’Alger. Ce sont généralement des collines ou
des montagnes peu élevées, présentant çà et là quelques
pitons que le voisinage de la mer fait paraître
plus élevés qu’ils ne le sont réellement ; tels sont les
Filhausen, le Merdjadjou, la Montagne des lions, le
cap Ténès, le Chenoua, etc. Ce cordon forme tantôt
de vastes pâtés comme le Dahra, tantôt une faible
ligne de collines comme le Sahel d’Alger. A partir
des monts du Titteri commence la grande chaîne
Kabyle, arc de cercle allant de la chaîne faîtière à la
mer, vers Bougie où elle se termine par le cap Carbon.
Cette chaîne est remarquable par sa grande altitude,
plusieurs de ses pics atteignent 2200 et
2 300 mètres, ses cols se maintiennent sur une grande