
comestibles ; près d’Orléans vil le, il existe, depuis
quelques années, des dattiers, apportés du Mzab par
un Indigène éclairé, qui mûrissent très bien leurs
fruits, sur les bords du Chéliiî. Les variétés de dattiers
cultivées dans les oasis algériennes sont très
nombreuses; on peut les évaluer à une centaine au
moins. Les caractères sont tirés de la forme ; certaines
dattes sont très allongées et ont un noyau
mince, effilé; d autres, au contraire, sont courtes,
grosses, semblables à une prune, la couleur est-
claire ou foncée; à maturité, la chair est molle ou dure
et sèche, certaines dattes ne se conservent pas et
doivent être mangées fraîches.
Les Indigènes distinguent surtout les dattes sèches,
qui peuvent être facilement transportées (Deglet bou
Sekhraïa, dattes de Chamelier), les dattes molles, dont
le type est la datte E l Ghars, qui est conservée en
pain dans des peaux de boucs ou dans des vases où
on les comprime fortement. La principale datte
d’exportation est la Deglet Nour (datte lumière).
La culture du dattier réclame peu de soins. Après
la récolte, il est procédé à l’élagage des vieilles feuilles
et à la toilette du tronc qui est débarrassé des bases
persistantes des feuilles déjà enlevées. Pendant
l ’hiver, les cuvettes creusées au pied de chaque arbre
sont piochées, elles reçoivent du fumier ; en mars-
avril, on procède à la récolte des régimes mâles et
on opère la fécondation. L’Indigène monte, enferme
un rameau de l’inflorescence mâle dans la spathe
entr’ouverte qui contient le régime femelle.
L’arrosage se fait de différentes manières, suivant
les oasis. Dans le Souf, les dattiers sont plantés dans
le fond de puits, et trouvent facilement l’eau dans la
nappe souterraine. Dans les Zibans, ils sont irrigués
p a rle s seguias; dans le Mzab, aux Oued Djellal, ils
sont arrosés au moyen de norias ou de puits à bascule.
Au moment de la récolte, le fermier abat avec sa
faucille les régimes. Si ce sont des dattes sèches, il
les laisse tomber sur le sol; si ce sont des dattes
molles, il les descend avec une corde. Dans chaque
jardin, la récolte est divisée en cinq tas égaux, dont
l’un constitue la rétribution du fermier ou khamès.
La multiplication du dattier ne se fait que par drageons
qui poussent au pied de chaque arbre. On les
plante au commencement de l’été et on les arrose à
profusion, après avoir coupé les feuilles et entouré
le jeune plant de feuillage pour réduire la transpiration.
Là proportion des reprises est très considérable.
Dans les oasis qui peuvent produire la datte Deglet
Nour pour l’exportation, il serait à désirer que la
culture du dattier fût l’objet d’une étude agricole
sérieuse, car il est probable que cette culture de
luxe prendrait une extension considérable, si elle
pouvait être faite d’une manière intensive, par l’application
de nos méthodes perfectionnées.
Les dattes fournissent aux Sahariens leur principale
ressource alimentaire; elles sont consommées
fraîches, sèches, réduites en farine; on en retire par
expression un sirop ou miel de datte. On peut aussi
obtenir une excellente eau-de-vie par la distillation.
Les palmiers mâles ou de mauvaise race sont parfois
exploités pour le lagmi ou sêvè qui s’écoule par
une section transversale faite sur le bourgeon terminal
en ne tranchant que la base des feuilles et