
Prunus 'prostrata, le Prunus spinosa, YAmelanchier
vulgaris, des Cotoneasler, le Bupleurum spinosum,
Juniperus nana, Ribes uva-crispa, Ribes petroeum,
Berberis hispanica, Lonicera etrusca, Lonicera arborea,
Ruscus aculeatus, Daphne laureola, etc.
Le buis n ’est connu en Algérie que dans trois
stations : les gorges du Guergour, la crête nord du
Tababort et les Mahdids.
Forêts. — Des broussailles nous passons aux
forêts par des degrés insensibles. Malgré l’opinion
classique de Salluste, qui, trop occupé à pressurer
les malheureux colons de la riche province qu’il
administrait, n ’avait guère eu le temps de voyager,
l’Algérie n ’était pas, même dans son temps, YAger
arbori infecundus qu’il dépeint. Sans doute les plateaux
sétifiens, d’un si bon rapport pour lui, devaient
être couverts de moissons. Pour pouvoir vivre et
satisfaire aux exactions des proconsuls, les colons
avaient évidemment dû cultiver jusqu’aux
moindres recoins de ces riches contrées. Mais il est
certain qu’à cette époque le Tell était un pays
essentiellement forestier, et il l’est demeuré jusqu’à
notre époque, même après sept siècles de domination
arabe.
Les Arabes, malgré leurs moeurs pastorales et
leurs habitudes incendiaires, nous avaient laissé un
magnifique domaine forestier. Peu nombreux pour
le vaste pays qu’ils occupaient, limités dans leur
accroissement par les famines qui succédaient aux
invasions des sauterelles et aux mauvaises années,
et par des épidémies, très sobres de leur nature : le
pays, même non cultivé, suffisait à leurs besoins et
ils y vivaient sans l’épuiser. Avec la conquête, les
choses ont changé de face. Refoulés des plaines aux
riches pâturages, les Arabes du Tell ont dû se concentrer
dans la montagne. Protégés par nous dans
une certaine mesure contre les famines et les épidémies,
leur nombre s’est considérablement accru.
S’ils avaient en même temps modifié leur manière
de vivre, s’ils s’étaient faits cultivateurs, la terre qui
leur reste eût été bien plus que suffisante; mais
l’Arabe, indolent et contemplatif, se plie difficilement
à ce genre d’existence. Il a multiplié ses troupeaux.
Le mouton qui n ’utilise guère que l’herbe et est peu
destructeur ne suffisant plus, il y a ajouté la chèvre,
qui broute tout ce qui est à sa portée,arbustes et
broussailles, et empêche tout reboisement ; les
grands arbres dont elle ne réussit pas à entamer
l’écorce résistent seuls, jusqu’au jour où ils périront
eux-mêmes par vétusté, par incendie ou par toute
autre cause. Alors la forêt aura cessé d’exister. L administration
forestière conserve encore, il est vrai, de
vastes ténements, mais, presque partout, en présence
du flot des Arabes affamés, elle a dû leur laisser le
champ libre. Des décrets ont livré aux troupeaux la
plupart des forêts. Sans doute il n’y a aucun mal à
livrer aux troupeaux les forêts assez denses, quitte
à les protéger de nouveau, quand elles auront besoin
de se repeupler, et d’établir ainsi une exploitation
rationnelle; mais les décrets pris sous l’influence
de nécessités pressantes ne concordent pas toujours
avec cette exploitation idéale. D’autre part, si l’on est
trop rigoureux, les Arabes incendient les forêts et en
détruisent ainsi d’immenses étendues, qui ne se repeuplent
qu’autant qu’elles sont parfaitement gardées.
Toutes les forêts sont loin d’appartenir à l’État;