
grains, quelques kilos d’acide phosphorique par
hectare. Les grains de blé dur, qui sont insuffisamment
nourris jusqu’à maturité, sont en partie tendres,
on les nomme mitadins. Ces blés mitadins ont été
bien à tort regardés comme provenant de croisement
avec des blés tendres. Les blés mitadins deviennent
ainsi incomplètement cornés ou durs par suite du
manque d’eau, d’azote ou d’acide phosphorique, ce
sont des grains qui n ’ont pas atteint tout leur développement.
Les blés importés par les Romains provenaient
aussi en grande partie des régions privilégiées de
la Numidie et de la Tunisie, où les terres à céréales
sont, dans la zone du Suessonien, si riches en
phosphates.
Pline parle d’un rendement de 100 p. 1 dans la
Byzacône ; Strabon cite une touffe de 400 épis tous
sortis du même grain.
De nos jours, les rendements sont faibles. Les
Européens obtiennent cependant des récoltes supérieures
d’un tiers ou de la moitié. La récolte moyenne
des Indigènes est de 6 quintaux, les Européens dépassent
rarement 16.
L’Algérie produit de grandes quantités d’orge.
L’orge mûrit en moins de temps et échappe à la
sécheresse plus facilement que le blé. Cette céréale
donne de meilleurs rendements que le blé, dans les
terrains non ameublis; elle convient aussi aux indigènes
pour leur nourriture et pour celle de leurs
chevaux. L’Algérie pourrait produire des orges de
brasserie pour l’exportation; mais on ne connaît
pas les variétés qui seraient plus avantageuses pour
le commerce. Les orges nues on orges-blés donnent
de beaux rendements et conviendraient pour l'alimentation
des indigènes.
L’avoine n ’est cultivée que par les Européens, elle
rient très bien, mais elle est légère et très sujette à
contracter l’ergot, Peu de variétés sont susceptibles
d’être cultivées, le plus grand nombre est attaqué
par la rouille.
Le seigle vient bien dans les terrains siliceux, mais
il n ’est cultivé que pour la paille et par les Européens.
Le Sorgho, Bechena des Arabes, est une céréale précieuse
pour les populations pauvres du littoral, dans
les terres argileuses noires et fraîches.
Le sorgho rend jusqu’à quatre-vingts fois la semence.
Les feuilles après la récolte constituent une ressource
de fourrage, pour une période de l’année
remarquablement pauvre en herbages.
Deux variétés sont surtout cultivées : le sorgho
blanc et le sorgho brun (Dra). Les sorghos viennent
si bien qu’il est étonnant que les colons n ’aient pas
encore adopté la culture des sorghos à balais et des
sorghos sucrés.
Le maïs est cultivé par les Européens et par les
Indigènes.
Le millet à chandelle est aussi cultivé par les
indigènes, ainsi que le millet ordinaire.
Le riz n ’a été l’objet que de quelques essais, il
viendrait aussi bien en Algérie qu’en Espagne et en
Italie; mais la main-d’oeuvre expérimentée manque
pour cette culture.
Légumineuses. — Après les céréales proprement
dites, les plantes qui jouent un rôle important dans
l'alimentation sont, parmi les Légumineuses, la fève,
le pois chiche, la gesse, le doüque.