
Furet, il ne paraît pas qu’on l’y ait jamais rencontré.
Ours. — L’Ours paraît avoir disparu aujourd’hui
de l’Algérie et du nord de l’Afrique, si ce n ’est peut-
être de 1 Atlas et du Maroc. Il ne paraît cependant
pas avoir été rare du temps des anciens.
La partie de la Libye orientale qu’habitent les nomades,
dit Hérodote, est basse et sablonneuse jusqu’au fleuve Triton,
mais depuis ce fleuve’, en allant vers le couchant, le pays,
occupé par des laboureurs, est très montagneux, couvert de
bois et plein de bêtes sauvages. C’est dans cette partie occidentale
de la Libye que se trouvent les serpents d’une grandeur
prodigieuse, les lions et les ours, les éléphants, etc. (1).
Virgile dit (2) :
.... Occurrit Acestes,
Horridus, in jaculis et pelle Libystidis ursæ.
De même Juvénal.(3) :
— Quod cominus ursos
Figebat numidos.
Et Martial (4). : .
Quod frenis Libyci domantur ursi.
Au siècle dernier, Shaw cite l’ours dans les montagnes
de l’Atlas, et Poiret (5) dit :
Cependant, comme le mont Atlas s’élève très haut dans le
royaume d’Alger vers celui du Maroc et que plusieurs mon-
(1) Hérodote, lib. IV, cap. cxci. Trad. Larcher.
(2 ) Virgile, Énéide, liv. V, vers 36-37.
(3) Juvénal, Sat. V :
(4) Martial, lib. I, épigr. 105. De Spectacula.
(5) Poiret, Voyage en Numidie, 1. 1, p. 238,
tagnes sont couvertes d’une neige presque continuelle, les
ours bruns y habitent. Ils sont très carnassiers, quelquefois
ils descendent dans les plaines. Pendant mon séjour a La
Mazoule, chez Ali-bey, un Arabe rapporta la peau d un ours
qu’il avait tué à la chasse. L’opinion que l’ours lance des
pierres quand il est poursuivi est admise chez les AraJies
comme parmi le peuple, de l’Europe. Cet A r a b e m e montra une
blessure qu’il avait reçue à la jambe, étant poursuivi, disait n,
à coups de pierres par l’ours qu’il avait tué. Ce rapport ne
me convainquit point, étant très possible que ce chasseur,
poursuivi par l’ours, ait frappé le pied contre quelque pierre
et se soit blessé en fuyant un ennemi trop à craindre pour
laisser de sang-froid le chasseur qui 1 attaque.
Loche (1) dit que l’empereur du Maroc a envoyé
au Jardin zoologique de Marseille, un magnifique
ours vivant provenant de ses Etats.
Il est certain que les ours abondaient en Algérie
dans la période quaternaire. Bourguignat, qui en
a décrit six espèces dans les grottes du Djebel Thaya,
affirme que certains ossements à osséine presque
inaltérée ne remontaient pas à plus de quinze ans.
Il croit être certain d’avoir encore vu des traces
fraîches de ces ours sur le sol de la caverne, etc.
Ces allégations, peu vraisemblables, ne semblent
pas avoir convaincu les naturalistes.
Mammifères pélagiques. — Les Mammifères pélagiques
de l’Algérie sont naturellement ceux de la
Méditerrannée : le Phoque à ventre blanc, plusieurs
Dauphins', de temps à autre, quelques Baleines qui
viennent s’échouer sur nos plages. Il y a quelques
années, une paire de baleines fut signalée dans les
eaux de Castigüone. Une d’elles fut prise par des
pêcheurs et amenée à Alger, où elle resta plusieurs
(1) Loche, Exploration de l'Algérie, Mammifères, 1867»
p. 52.