
de produits défectueux. Les tabacs algériens jugés
très bons au début perdirent leur réputation, et, par
suite de ces généralisations qui sont si fréquentes,
on déclara officiellement que les tabacs algériens
étaient incombustibles.
La Kabylie devait relever cette culture en livrant
des tabacs d’une qualité supérieure également recherchés
par le commerce et par l’administration.
Pendant les premières années de la culture du
tabac, un grand nombre de races furent importées,
beaucoup ont disparu et l’on ne retrouve aujourd’hui
que les types du Paraguay avec des inflorescences
basses très denses en corymbe, un grand nombre de
feuilles, d’un contour assez variable, tantôt à grosse
côte, étroites, très pointues, tantôt, chez les rares
planteurs qui ont attentivement choisi leurs porte-
graines, à feuilles larges, à nervures bien régulières
et divergentes.
La culture du tabac est en Algérie susceptible de
recevoir quelques améborations importantes, qui
devront porter sur le choix des terrains, les soins
culturaux, le choix judicieux des variétés. Cette culture
nécessite beaucoup de main-d’oeuvre, ce qui
a porté la généralité des planteurs à prendre des
fermiers indigènes, qui, moyennant la moitié de la
récolte, font les travaux qui se répartissent entre
tous les membres de la famille, car ce sont les
femmes et les enfants qui font la cueillette, l’enfilage,
le séchage et le manoquage des feuilles.
Les bbns tabacs d’Algérie se caractérisent par un
arome doux, qui les classe dans la catégorie de ceux
du Levant. Les cigares et surtout les cigarettes algériennes
plaisent et seraient facilement adoptées par
tout un public qui les apprécie, en raison de la douceur
de leur arôme.
Si les colons arrivent à produire couramment un
tabac fin, léger et aromatique, brûlant bien, ils parviendront
ainsi à décider la Métropole à réduire ses
achats à l’étranger, pour les augmenter en Algérie.
Le commerce algérien fait aussi de très importants
achats à l’étranger pour la fabrication locale ; des
droits élevés à l’entrée obligeraient les fabricants à
rechercher les bons tabacs algériens et à les payer
un prix rémunérateur ; mais d’un autre côté il conviendrait
de protéger aussi les fabricants contre l’importation
des tabacs manufacturés à l’étranger,
qui ne sont pas frappés d’un droit suffisammentélevé.
Le tabac à priser n’est cultivé que par les Indigènes,
ils ont pour cet usage une variété de Nico-
tiana rustica ou tabac à fleur jaune, qu’ils cultivent
jusque dans les oasis du Souf.
Plantes textiles. — Il est probable que l’Algérie
produira un jour des textiles ; mais" jusqu’à ce jour
aucun essai n ’a pu aboutir et aucune plante textile
n’est cultivée.
Le Lin vient très bien, mais les difficultés du
rouissage y ont fait renoncer. La Ramie a fait aussi
naître quelques espérances; mais aujourd’hui on ne
croit plus à l’ortie de Chine.
Les Agaves n ’ont pas encore été sérieusement
expérimentés ; les espèces textiles, comme VAgave
sisaliana et d’autres du Yucatan et des Bahama, sont
d’introduction récente. La plupart des Agaves prennent
un rapide développement sous le cümat du littoral
africain, peut-être sera-t-il possible de réserver un
jour quelques coteaux secs à ces textiles très estimés.