
a cru remarquer aussi que certains tumuli du
Nahr Ouassel, dans la région de l’Ouarsenis, étaient
groupés de façon à simuler un homme couché, un
scorpion, etc., toujours comme certains monuments
symboliques américains (1).
Ceci nous conduit aux sépultures mégalithiques, si
nombreuses et si variées en Algérie. On y trouve en
effet tous les types généralement connus : tumuli,
dolmens, menhirs isolés ou en lignes, cromlechs,
trilithes, allées couvertes, etc., et un type très particulier
de petites tours couvertes d ’une dalle ou terminées
par un couronnement conique (Djelfa, Med-
jana Djebel Mahdid, etc.). Ce sont les Chouchet de
M. Letourneux(â). Ce genre de sépultures, qui a peut-
être quelque rapport avec les Nuraghi de la Sardaigne,
aboutira plus tard, sous l’influence de la civilisation
romaine, aux magnifiques mausolées royaux tels
que le Médracen (fig. 15) et le Tombeau de la Chrétienne,
et aura enfin sa décadence avec les Djedar
de la province d’Oran.
D’après de Quatrefages, qui a examiné les crânes
dolichocéphales recueillis par le général Paidherbe
dans les dolmens de Roknia, les constructeurs de ces
dolmens étaient de même race que l’homme de Cro-
Magnon et que leurs contemporains d’Espagne et des
Canaries. Pour Henri Martin, ces dolmens auraient
été construits par des Celtes. Pour M. Cartailhac, au
contraire, il ne serait pas démontré que les dolmens
d’Europe et d’Algérie aient été construits par une
même race d’hommes. Ce qui paraît certain, c’est que
(1) Bourguignat, Souvenirs d’une exploration scientifique
dans le nord de l Algérie. Paris, 1868-1870.
(2) Letourneux, Lettre à Desor.
cette architecture tombale a persisté bien longtemps
dans le nord del’Afrique. Si certain s monuments mégalithiques
semblent y remonter à une haute antiquité,
d’autres au contraire ne remontent pas au delà de
l’occupation romaine, ou du moins étaient encore
utilisés à cette époque. On a trouvé une colonne
romaine engagée dans la construction d’un dolmen
de l’Aurès, et des monnaies et médailles romaines
Fig. 15. — Medracen ou mausolée des anciens rois de Nu-
midie, au sud de Constantine, entre Lambesa et Diana.
dans le mobilier funéraire de plusieurs. LeDr Reboud
a même fait connaître que la tribu des Denhadja,près
de Philippeville, élevait encore naguère des menhirs
appelés Snoba. Ces Denhadja s’attribuent une très
ancienne origine et se qualifient eux-mêmes de fils
des païens. Peut-être ont-ils conservé cette architecture
tombale depuis les temps préhistoriques.
Les dolmens d’Algérie constituent en général une
chambre mortuaire rectangulaire entièrement close.
Chacune des quatre murailles latérales est généralement
formée d’une seule pierre plane sur les deux