
et dans l’Archipel. Le gland du Chêne Yelani est gros
et doux.
Enfin ces dernières années le service botanique
du gouvernement de l’Algérie a introduit la Canaigre
ou Patience à tanin, Rumex hymenosepalus, qui paraît
facile à cultiver en Algérie. Ce Rumex végète vigoureusement
pendant toute la saison des pluies et
entre en repos à la saison sèche; il porte d’énorrnes
racines, qui contiennent des quantités considérables
d’un excellent tanin très apprécié en Amérique, où
il existe déjà des usines pour son extraction sous
forme d’extrait fluide.
Le Savonnier ou Sapindus utilis est une des plus
intéressantes plantes industrielles de l’Algérie. Cet
arbre, introduit en 1845 au Jardin d’essai, y a donné
depuis quarante ans d’abondantes récoltes d’un
fruit dont la coque contient environ 37 p. 100 de
Saponine. Au prix actuel de cette matière, certains
arbres portent tous les ans pour 100 francs de fruits.
Le Savonnier se multiplie très facilement de boutures
et croît rapidement dans les slations un peu abritées
du bttoral. Son bois est aussi d’un grain fin et serré
et propre à l’ébénisterie. Depuis deux ans, quelques
plantations importantes ont été effectuées; mais elles
seront loin de suffire aux demandes des commerçants
qui importent le Sapindus de l’Inde à un prix
assez élevé.
Parmi les plantes industrielles trop négbgées en
Algérie, il convient de citer le Sorgho à balais et
principalement la variété dite Sorgho d’Italie, qui
n’est pas cultivée avec beaucoup de succès en
France. Un hectare peut produire 1500 kilos de
paille d’une valeur de 21 à 30 francs et 50 bectobtres
de graines. L’Italie importe en France pour plus
d’un milfion de balais; il serait facile à 1 Algéiie
de fournir ce produit, qui est à tort demandé à
l’étranger.
La Chicorée à café peut aussi être facilement cultivée
en Algérie et notre p r o d u i t viendrait en déduction
des 30 millions de kilogrammes de chicorée
sèche, que nous payons chaque année à la Belgique
et à l’Allemagne.
Le Safran n’est pas cultivé en Algérie, bien à tort.
Cette culture devrait être introduite chez les Indigènes,
qui dans certaines contrées pourraient s y
livrer avec succès, elle pourrait aussi être effectuée
comme celle du tabac chez les colons par la main-
d’oeuvre de la famille indigène. Quelques essais ont
démontré que le safran se développait très bien
sous notre climat ; mais ces tentatives timides n ont
pas encore pu convaincre un seul colon, encore
moins un Indigène.
Eucalyptus. — C’est en 1861 que M. Hardy, le
distingué fondateur du Jardin d’essai, fit les premiers
semis importants d'Eucalyptus globulus; en même
temps M. Gordier recevait aussi de M. Ramel les
graines rapportées d’Australie. M. Trottier devenait,
bientôt après, l’apôtre de cette nouvelle culture, il
avait la foi, il le prouva par ses oeuvres. Planteur
ardent, il montra cet enthousiasme qui pousse 1 opinion
publique. Aussi pendant dix ans c’est par centaines
de mille que l'Eucalyptus est planté et les
noms de Ramel et de Trottier sont dans toutes les
bouches. L’Eucalyptus semble fait exprès pour
l’Algérie et s’allie à merveille avec Y Agave et le
Figuier de Barbarie, pour donner un cachet exotique