
En Algérie, dans la province d’Oran, l’alfa est
répandu depuis le littoral jusqu’aux montagnes des
Ksours et le plateau des Ouled Sidi-Cheikh. Les
grandes nappes exploitées sont au sud d’une ligne
passant par Sebdou, Daya, Saïda, Frenda.
Dans la province d’Alger, l’alfa ne vient pas jusqu’au
littoral, il ne dépasse pas au nord une ligne
passant par Tiaret, Téniet-el-Haâd, Aumale, les
Beni-Abbès, les Bibans. L’alfa abonde dans les
Hauts-Plateaux, dans la région de Aïn-Oussera, Chel-
lata, Rezdeba, Djelfa, autour de Bousaâda, dans les
montagnes des Ouled Nayl, autour de Laghouat,
qu’il dépasse au sud jusqu’au versant de l’oued
Mia.
Dans la province de Constantine, l’alfa forme un
peuplement dans la région ouest et sud de Sétif,
Beni-Abbès, les Bibans, les Boutaleb et les Maadid.
L’alfa couvre une grande partie des contreforts inférieurs
du massif de l’Aurès (Batna), il ne se trouve
dans ces régions que sur les versants des montagnes,
il ne forme pas de plaines comme dans les
plateaux oranais.
Les peuplements d’alfa des montagnes de la province
de Constantine se continuent en Tunisie, de
Tébessa àFeriana, à Gafsa, Djebel Zitouna, Sbeïlta,
jusque dans les massifs montagneux à l’ouest de
Kairouan. Au sud et non loin du littoral, les plateaux
des Matmata et des Haouïa sont également
couverts d’alfa.
Cette région se continue vers Tripoli et au delà
par Djado, Zintan, Dj. Nefousa, Djebel Yefren, Djebel
Gharian, Djebel Cherchara, jusqu’au niveau de Silten
et suivant Rohlfs (Kufra) l’alfa s’avancerait'aussi jusqu’au
30° vers lé sud dans les plateaux tripolitains.
L’alfa rentre dans la catégorie des végétaux
toujours verts, et parmiles Graminées,dans le groupe
physiologique des Graminées de steppes. Les feuilles
présentent des Couches protectrices qui les rendent
coriaces pendant la sécheresse. Le parenchyme vert
entre alors dans une période de vie ralentie par
l’insuffisance d’eau.
Tienne la pluie ou une forte rosée, immédiatement
le limbe reprend de la turgescence, s’ouvre, se
colore en vert foncé et aussitôt les communications
avec l’atmosphère se trouvent rétablies, la chlorophylle
peut reprendre le cours de ses fonctions organisatrices.
On peut diviser ainsi les phases de la végétation
de l’alfa : au premier printemps, les feuilles persistantes
entrent en activité et commencent les recettes
en profitant des premières températures utiles.
Puis les jeunes feuilles, déjà ébauchées depuis
l’automne, sortent des gaines, de nouvelles innervations
se forment, les fonctions de nutrition atteignent
vers la fin de cette période leur maximum d’intensité.
Yers la fin avril ou les premiers jours de mai, les
fleurs se montrent et, dans la seconde quinzaine de
juin, les fruits sont mûrs.
L’alfa ne paraît pas difficile sur la nature du sol
et l’action du terrain sur la plante se borne encore à
l’effet produit par une sécheresse plus ou moins
grande.
La saison des pluies peut présenter d’une année à
l’autre de grandes différences dans la quantité d’eau
tombée et aussi dans le mode de répartition des
ondées. Les printemps pluvieux sont favorables à