
pluies, les Chotts se dessèchent presque totalement
en été, sauf dans quelques bas-fonds marécageux. Ils
se recouvrent alors de cristaux miroitants de gypse
et de sel, qui, à quelque distance, le mirage aidant,
donnent parfaitement l ’illusion de l’eau.
Deux plantes couvrent alternativement la steppe
de leurs peuplements continus, et sauf quelques
grandes férules qui se détachent sur l’horizon, frappent
seules les regards du voyageur; ce sont l’Alfa
(.Macrochloa tenacissirno) et le Chih (Artemisia Herba
alba). Entre les deux, vient parfois s’intercaler une
bande plus ou moins large de Sparte [Lygæurn spar-
tum). '
L’Alfa couvre les reliefs des ondulations. Le Chih
au contraire occupe les dépressions, le fond limoneux
des cuvettes. Dans les séries d’années pluvieuses,
le Ghih gagne sur l’Alfa, qui redoute les eaux
stagnantes ou simplement les terrains humides.
Actuellement le Chih semble gagner d ’une manière
générale, l’Alfa étant affaibli par l’exploitation.
L’Alfa forme de grosses touffes irrégulières, séparées
par des espaces libres où poussent quelques
plantes annuelles pendant la saison des pluies. Ces
espaces se creusent lentement sous l’érosion produite
parle ruissellement bien faible et les vents. En portant
le regard à une certaine distance, on voit l’Alfa
en couche continue, comme une immense prairie
s’étendant jusqu’à l’horizon. C’est lamer d’Alfa (fig. 9)t
Comme en mer rien ne vient accidenter l’horizon rond
et plat comme une assiette. Il se déplace sans changement
à mesure qu’on avance, à moins que le mirage
ne sème ce monotone lableau de lagunes, de baies
qui reposent la vue. Deux lins à grandes fleurs, l’un
blanc (Linum suffrulicosum), l’autre bleu (Linum
austriacum), des hélianthèmes blancs et roses, des
scabieuses, des oeillets, une grande variété de YErijsimum
grandiflorum, YAllium tauricum, un souci
vivace, des nigelles, des dauphinelles, le Sedum
altissimum, etc., s’entremêlent aux touffes de la
plante.
B a ttan d ie r et Trabut. — Algérie. 8
Mer d’Alfa.