
Le Varan passe pour l’ennemi de la vipère cornue,
il habite les mêmes stations sahariennes.
Un gros lézard court, à ventre de batracien, à tête
de tortue et à grosse queue épineuse, VUromastix ou
Fouette-queue, est encore un des sauriens remarquables
du Sud, il est herbivore; les Arabes le mangent,
ils vendent sa dépouille dans tous les bazars.
Ce Fouette-queue, comme les Caméléons, changer
de couleur, il est susceptible de s’apprivoiser.
Les Agames du même groupe ont de belles couleurs
et se font remarquer par des faisceaux d’épines
qui garnissent les côtés de la tête et du cou.
Le Scinque officinal, ou Poisson de sable, vit aussi
dans le désert, court sur le sable et s’y enfonce avec
une grande agilité, les Indigènes le mangent grillé.
Les Scincides, sont assez bien représentés en Algérie
par Mabuia vittata, Eumoces algeriensis, Gonqylus
ocellatus, excessivement commun dans toute l’Algérie,
quelquefois confondu avec le scinque; trois Seps
et VAnguis fragilis ou orvet, qui est très rare.
Parmi les six Geckoïdes de la faune algérienne,
une espèce, le Tarentula mauritanica ou Tarente, se
trouve partout, de préférence dans le voisinage des
habitations. Grâce à ses pelotes et à ses griffes ré-
tractiles, la Tarente poursuit les insectes dont elle
se nourrit sur les plafonds, et même sur les vitres
des réverbères, où il n ’est pas rare d’en observer
à l'affût pendant toute la nuit. Cet animal passe à
tort pour venimeux à cause de l’humeur âcre secrétée
par ses doigts. C’est un petit lézard bien inoffensif,
que l’on devrait même tolérer dans l’intérieur des
maisons, où il rend des services.
Le Caméléon, avec ses allures étranges, ses yeux
mobiles dans tous les sens, son occiput pointu, sa
queue préhensible, est un animal fort curieux, en
raison de la faculté qu’ü possède de changer de
couleur. 11 est commun dans toute 1 Algérie, sa marche
est lente et il est toujours facile de s’en emparer,
il vit assez bien en captivité, il se nourrit alors de
mouches, qu’ü capture en projetant sa langue comme
une flèche.
Le Lézard vert d’Algérie se rapporte au Lacerta
ocellata; mais par l’écaillure, la taille, la coloration,
ü constitue une variété qui se rapproche du Lacerta
viridis ; ü est commun en Algérie, sur le littoral et les
Hauts-Plateaux.
Le Lézard de muraille est cantonné dans la région
montagneuse, o ù ü e s t assez commun. Ilestremplacé
sur le littoral par un Psammodrus, et, dans le désert,
par les Acanthodactyles.
Le groupe des Amphisbènes est représenté par
deux espèces, dont u n e , Trogonophis Wiegmanni, est
commune. Ce petit saurien vermiforme est le plus
souvent jaunâtre avec des taches noires figurant un
damier; son absence de pattes le fait prendre pour
un serpent suspect, il est cependant inoffensif.
Serpents. — On connaît en Algérie dix-huit serpents,
dont six venimeux. Quelques types sont assez
intéressants, tel est le Javelot (E ryx Jaculus), de la
famille des Boas et Pythons. Ce serpent n ’atteint
guère que 85 centimètres de longueur, la queue est
tronquée, obtuse, terminée par une plaque conique.
Sa tête petite est couverte de petites écaüles, ü
répond assez bien au signalement que l ’on donne des
vipères, aussi est-ü regardé comme dangereux, bien
qu’inoffensif et même susceptible de s’apprivoiser.