
jours, exposée sur un chaland. Elle mesurait 12 mètres
de long. Ce n ’était pas un Rorqual comme d’habitude,
mais une haleine du groupe des haleines franches.
Les os de la tête ayant été envoyés au Muséum,
MM. Georges Pouchet et Beauregard y reconnurent
la baleine des Basques.
Éléphant.—Les Éléphants ont été jadis abondants
en Algérie (1). Diverses espèces fossiles se rencontrent
dans notre sol : Elephas meridionalis, E. ailan-
ticus, E. jolensis, melitensis, etc., compagnons de
1 hippopotame, du Bubalus antiquus aux cornes gigantesques,
de la girafe, etc. Mais alors les conditions
cümatologiques étaient bien différentes. Les dessins
de Tyout nous montrent fréquemment un éléphant
à front très bombé. Les anciens parlent souvent
de 1 éléphant d’Afrique, mais sans préciser de localité.
Pourtant Plutarque (2) rapporte que Pompée
(81 ans avant Jésus-Christ) employa quelques jours de
son séjour en Afrique à chasser le lion et les éléphants.
Pline le mentionne en Tripolitaine et quelques
passages semblent indiquer que les anciens chassaient
1 éléphant dans le Deren (Atlas marocain).
Nous avons déjà vu qu’Hérodote le signale dans les
monta.gnes de la Libye. Il est certain que si l’éléphant
existait encore en Algérie à l ’état sauvage du temps
des Romains, le climat a dû changer considérablement
depuis.
Sanglier. — Le Sanglier est très abondant en
Algérie dans toute la région du Tell. Il diffère légèrement
de celui d’Europe.
(1) Voy. Lataste, Catalogue critique des mammifères anéla
giques de la Tunisie, p. 2 0 .
(2 ) Plutarque, Vie de Pompée, cap. xx.
Aucune différence spécifique, dit Loche (1), ne semble
distinguer le sanglier d’Europe du sanglier d’Algérie. Ce dernier
seulement est un peu plus petit de taille, ses défenses
sont plus développées et son naturel semble moins méchant ;
sa chair, qui est très délicate, est très estimée.
Dans sa jeunesse, cet animal est marqué de bandes
longitudinales alternativement fauves et brunes, et
ne manque pas de gentillesse. Il s’apprivoise admirablement,
suivant son maître sans quitter ses talons
d’une ligne, même dans les foules les plus compactes.
Tout petit, il tient déjà les chiens en respect en
découvrant ses crocs par un simple rictus.
Cheval. — Le cheval est certainement de tous les
animaux domestiques celui que l’Arabe aime et
soigne le mieux. On distingue dans les chevaux des
Indigènes la race arabe et la race barbe, celle-ci prédominante.
Mais cette distinction n ’est pas toujours
facile. D’ailleurs, barbe ou arabe, le cheval indigène
est un merveilleux animal. D’une sobriété à toute
épreuve, il sait déployer, suivant I occasion et malgré
sa petite taille, une force considérable ou une grande
vitesse. En montagne, ü a le pied aussi sûr que le
mulet. Docile et doux comme un agneau en temps
ordinaire, il se montre plein de feu à la guerre et
dans les fantasias. Nous avons vu souvent des Arabes,
au heu d’attacher leur cheval, mettre sa longe à
terre et dessus une pierre grosse comme un oeuf
pour indiquer à l’animal qu’il ne doit pas bouger.
Après quoi, l’Arabe allait vaquer à ses occupations,
certain que son cheval resterait aussi tranquille que
s’il eût été solidement attaché.
(1) Loche, Exploration de l’Algérie.