
gèle la nuit sous une faible épaisseur ; le dégel a lieu
dès le matin. Dans la Mitidja, les gelées blanches
sont assez fréquentes ; la vigne y gèle même quelquefois
au mois de mai, ce qui n ’arrive jamais au bord
de la mer.
La neige est également rare et de peu de durée
dans le Tell inférieur. A Alger, on ne l’avait jamais
vue, de mémoire d’homme, persister une journée
entière; en 1891, elle a atteint 19 centimètres en rase
campagne et est restée trois jours. Ces faits, quoique
exceptionnels, interviennent activement pour
limiter l’aire des espèces. Malgré tout, le froid se fait
assez désagréablement sentir sur le littoral, à cause
de l’humidité, et des températures de + 8° y sont
très incommodes, d’autant que l’on n y est pas organisé
pour se chauffer.
Cette humidité du littoral rend encore plus désagréables
les chaleurs de l’été. La peau sans cesse
baignée d’une sueur âcre s’irrite et produit la désagréable
éruption connue sous le nom de gale bédouine
{Lichen tropicus). Le sirocco amène parfois une
trêve à cette humidité, mais est encore plus pénible
pour beaucoup de personnes, surtout pour les dys-
pnéiques. Les nuits sont par le sirocco souvent aussi
chaudes que les jours. Ce vent peut se faire sentir
toute l’année, mais en hiver il est peu sensible,
c’est en septembre qu’il est le plus pénible.
En dehors des jours de sirocco, il est rare que le
thermomètre dépasse beaucoup 30« à l’ombre sur le
littoral. La moyenne annuelle y est de 20 à 21°.
Ce qui tend à uniformiser le climat du littoral, ce
sont d’abord les brumes nocturnes qui empêchent
le rayonnement, en second lieu les brises solaires
très régulières. Tous les jours, vers dix heures du
matin, s’élève la brise de la mer, la nuit c’est la
brise de terre qui prend le dessus. Aussi loin que
se font sentirles effluves marines,le climat demeure
tempéré. Dans la montagne où l’humidité est
moindre et le rayonnement nocturne plus considérable,
on peut trouver des points où, en dehors de
quelques jours de sirocco, la température de l’été
n’a rien de désagréable : Medea, Ben Chicao, forêt de
Teniet, etc. Au contraire, dans les vallées encaissées,
où ne parvient pas la brise de la mer, la température
devient parfois insupportable, comme dans la plaine
du Chélif. L’air ne se renouvelant pas devient lourd
et malsain. Les coups de chaleur et les insolations
sont à craindre. Il est bon de se couvrir fortement le
crâne, soit avec un casque en moelle de sureau,
soit avec de nombreux doubles d’étoffe, comme font,
les indigènes.
Dans la région montagneuse, le soleil est parfois
très chaud, mais le fond de l’air reste froid. Les
nuits sont toujours fraîches, même en été. La
moyenne annuelle de température donnée par les
sources peut sur certains points ne pas dépasser 8 à
10°. Les froids doivent y être assez vifs, l’hiver; la
neige y dépasse souvent 1 mètre d’épaisseur et persiste
longtemps. Sur les sommets du Djurdjura, elle
se maintient souvent jusqu’à la fin de juillet. Sur
les sommets moins élevés (1500 à 1800 mètres), elle
reste souvent jusqu’au milieu d’avril. L’été, les
orages et les brouillards n ’y sont point rares.
Dans les parties les plus méridionales, mais aussi
les plus élevées du Tell : Frendah, Tiaret, Sétif, etc.,
le froid est très vif jusqu’en avril et en mai et la