
lards n ’y sont point rares la nuit, mais se dissipent
de grand matin. Quelquefois un épais brouillard
dure un jour ou deux, mais le fait est rare. A mesure
que les nuits deviennent plus longues, les condensations
nocturnes prennent plus d ’importance. En
août, il n ’est pas rare de voir le brouillard persister
dans les bas fonds jusque vers 9 heures du
matin ; les rosées sont alors abondantes et amènent
le réveil de quelques plantes estivales. Le sirocco
vient souvent, en septembre, interrompre ces condensations
nocturnes pendant des périodes de trois à
quinze jours. L’air est alors très sec, le ciel terne et
voilé par les impalpables poussières sahariennes,
et la température peut exceptionnellement dépasser
40° à l’ombre.
Lorsque ce vent saharien cesse de souffler, on
voit, dès le mois de septembre, le ciel, pur jusque
là, rouler de gros nuages, prélude des pluies prochaines.
Dans le Tell inférieur, il n ’y a presque jamais
d’orages pendant l’été. Ce n ’est guère que l’hiver
que l’on entend le tonnerre et que la grêle est à
craindre. Sur les montagnes, au contraire, et dans les
hauts plateaux, les orages sont fréquents pendant la
saison chaude, mais les précipitations qu’ils amènent
sont peu abondantes.
Néanmoins, plus on s’élève dans les montagnes,
moins la sécheresse estivale se fait sentir.
Un phénomène inverse se produit quand on
s’avance du littoral vers le sud. La grande plaine
du Chélif, abritée des effluves marines par le massif
du Dahra, est déjà bien plus sèche que la Mitidja.
Plus on s’avance vers le sud, plus l’influence saharienne
se fait sentir, sauf sur les montagnes très
élevées. ; \
Pluies. — La quantité de pluie (1) qui tombe
dans le Tell est assez considérable, supérieure sur
bien des points à celle qui tombe dans la majeure
partie de l’Europe. Mais cette eau tombe en masses
considérables pendant une seule saison, au heu de
se répartir régulière ment dans le courant de l’année.
En outre la zone pluvieuse étant voisine de la mer,
tandis que l’intérieur est désertique, nous n’avons
que des cours d’eau insignifiants.
Les pluies sont au surplus très inégalement réparties
dans les diverses régions du Tell. La grande
différence de latitude qui existe entre La Calle et
Nemours, amène dans le régime des pluies des
différences d’autant plus sensibles que les plus
grands massifs montagneux se trouvent vers l’Est,
là où la latitude est la plus élevée. Aussi, tandis
qu’il tombe moins de 40 centimètres de pluie sur le
littoral oranais, il en tombe 75 à 85 centimètres à
Alger et près de 1 mètre de Bougie à La Calle. On
ne connaît pas encore bien la quantité de pluie qui
tombe sur les montagnes, mais les quelques observations
que l’on possède portent à croire que cette
quantité est, toutes choses égales d’ailleurs, plus
grande que dans la plaine.
Le climat du Tell inférieur est tempéré et remarquable
par la douceur de ses hivers. Sur le littoral,
la température descend peu au-dessous de zéro et
ne s’y maintient pas longtemps. Rarement l’eau
(1) Voir la carte dressée par le capitaine Brocard : Asso d a n
t i ' ran£aise Pour l ’avancement des sciences, Congrès d'Alger,