
Le Javelot vit dans les stations sableuses des steppes
et du désert. On ne le voit pas souvent, parce qu’il
se cache dans le sable.
Parmi les Aglyphes, la couleuvre la plus commune
est le Zamenis hippocrèpis, qui atteint d’assez grandes
dimensions, elle offre un beau coloris, elle tire son
nom de Fer à cheval, d’une figure formée sur la
nuque par deux bandes jaunâtres. Le corps est brun
avec une série détachés rondes jaunâtres irrégulières,
le dessous est rose. Cette couleuvre est souvent
montée en canne.
Le Zamenis algirus, découvert par le Dc P. Marès,
est une belle couleuvre de la région désertique, le
corps est brun verdâtre, avec des raies transversales
noirâtres et une série de taches noir bleu sur les
flancs. On trouve dans le même région le Zamenis
diadema.
La Couleuvre vipérine est répandue à proximité des
cours d’eau, elle pénètre jusque dans le Sahara, où
elle habite les Seguias.
Trois Opistoglyphes sont assez répandus et caractéristiques.
La Couleuvre de Montpellier, Coelopeltis
lacertina, générale ment d’un brun verdâtre, atteint de
grandes dimensions, l m,50 et plus, elle est commune
dans tout le Tell.
Le Coelopeltis producla, qui habite la région désertique
et les steppes, a été découverte en 1853 par le
Dr P. Marès. Ce serpent a la teinte claire des vipères
à cornes et possède, quand on l’irrite, la propriété de
gonfler ses côtes cervicales sur une longueur de 3 à
â centimètres à partir de la nuque, il a alors un air
redoutable.
Le Psammophis sibilans, le'Zeurig des Arabes, est
un type désertique curieux, il a la forme d’un fouet
mince, il a la queue très effilée, il atteint souvent
l m,50. Son extrême vivacité et la rapidité de sa course
le font passer pour redoutable auprès des Arabes
qui le craignent au moins autant que les vipères.
Au sud-est de Biskra et dans le sud de la Tunisie
et du Maroc, on rencontre le terrible Naja (Naja Haje)
le serpent des Charmeurs, le fameux Aspis des Grecs
et des Romains. Le Naja se dresse sur la partie postérieure
de son corps, gonfle son cou en sifflant et
n ’hésite pas à attaquer. La blessure est rapidement
mortelle et, dans le sud de la Tunisie, quand un homme
d’une caravane est mordu par ce redoutable reptile,
sans tarder, on se met à creuser sa fosse et à préparer
ce qui est nécessaire pour la toilette d’un mort.
Des charmeurs arabes dressent ces animaux et leur
font exécuter des mouvements cadencés au son d’une
flûte accompagnée de tambourin. Le Naja est d’une
couleur brun noirâtre, il peut atteindre de grandes
dimensions, l m,50 et plus.
Une autre vipère également redoutable est la
Vipère mauritanique ( Vipera lebetina ou Echidna
mauritanica). La tête est large, plate, écailleuse, le
museau arrondi, le corps brun jaunâtre avec des
taches plus sombres, le dessous plus clair avec mouchetures
grises, longueur de 1 mètre à l m,50. La
vipère mauritanique habite le littoral oranais et
marocain, les Hauts-Plateaux et pi’incip aie ment la
Tunisie. Sa morsure est dangereuse; mais les accidents
sont assez rares.
Sur le littoral, on trouve encore, surtout dans la
région des chênes-liège, une variété de la vipère am-
motlyle, le Vipera Lalaslei de Bosca, intermédiaire
B a t t a n d ie r et T r a b u t . — Algérie. 18