
La Fève trouve en Algérie le sol et le climat qui lui
convient et cette culture déjà très générale pourrait
encore être étendue. Dans certaines parties du Sersou,
on trouve en grande quantité, à l’état subspontané
dans les plaines, une petite fève qui a pris dans ces
conditions un aspect de plante sauvage.
Le Pois chiche (Cicer), recherché par toutes les
populations riveraines de la Méditerranée, donne des
récoltes abondantes de grain et fournit aussi une
paille qui est utiüsée.
La Gesse (Lalhyrus sativus) n ’est guère consommée
que par les Kabyles et par les Espagnols, qui ont
des variétés améliorées très belles. L’usage prolongé
de la gesse, une cuisson incomplète, entraînent des
accidents nerveux graves (Lathyrisme).
Le Dolique (Dolichos Lubia) est cultivé par les
Indigènes, il donne, dans les sols qui conservent une
certaine fraîcheur en été, une grande quantité d’un
petit haricot blanc portant une tache noire. Les
doliques croissent vigoureusement en Algérie et
il serait possible de leur demander un fourrage
abondant.
Il en est de même des différents Soja de Chine,
qui ne sont pas encore connus et qui pourraient
cependant rendre de grands services.
Vignes. — Parmi les cultures arbustives, celle de
la Vigne occupe le premier rang et l’on peut évaluer
à plus de 50 millions la production annuelle des
vignes des trois départements algériens.
De tout temps, l’Algérie a été la patrie de 1a, vigne.
M. Pomel en a retrouvé des feuilles fossiles dans les
travertins quaternaires de Miliana, elle est abondante
à l’état sauvage et les indigènes cultivent près
de cinquante cépages, dont certains ont une valeur
réelle.
Il est assez singulier que, placés dans des conditions
aussi favorables, les premiers colons aient hésité
si longtemps à planter de la vigne et à faire du
vin pour la consommation locale.
Les premiers vignerons eurent en effet de la peine
à faire accepter leurs produits, il faut avouer qu’ils
étaient parfois défectueux. La vigne croissait bien,
mais le vigneron algérien ne savait pas encore faire
le vin sous un climat très particulier, dans des conditions
absolument différentes de celles qui lui étaient
familières.
Au milieu de ces tentatives parfois heureuses, mais
souvent accompagnées de déboires, quelques colons
se distinguèrent et produisirent des vins recherchés
d’abord p a rla consommation locale, puis par l’exportation
dans la métropole.
C’est vers 1879 que commença timidement une
exportation de 6000 hectolitres; en 1885, 250000 hectolitres
sont dirigés sur la métropole; en 1886, c’est
500 000, aujourd’hui nous arrivons à 3000000 hectolitres
livrés à l’alimentation française.
L’Algérie possède actuellement 150000 hectares de
vignes et mérite de prendre rang parmi les pays
grands producteurs de vin.
Ces 150000 hectares représentent une valeur de
600 millions et tous les ans environ 35 millions sont
distribués aux Indigènes sous forme de main-
d’oeuvre.
Les vins algériens ont eu un mauvais moment, il
faut le reconnaître. Quand la production eut pris une
grande proportion, le matériel usité jusqu’alors fut